Culture
18:49 6 mars 2014 | mise à jour le: 6 mars 2014 à 18:49 temps de lecture: 3 minutes

Quand l’insomnie ne dort jamais

L’insomnie, ce mal qui se vit dans la solitude touche bon nombre de personnes. Sans être critique ou économique, l’oeuvre «Journal d’une insomnie collective», présentée en grande première canadienne au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 6 avril, révèle une dimension anthropologique. Le public contribue en temps réel via Internet à ce journal en constante évolution pour dresser un portrait intimiste de l’insomnie.

«J’étais assez intrigué de travailler sur le sujet de l’insomnie, car cela touche 30 % de la population de tous les pays développés. Le dénominateur commun des insomniaques est l’anxiété, qui est le mal contemporain», confie Hugues Sweeney, producteur exécutif de «Journal d’une insomnie collective».

Tout est virtuel. Sur l’écran de l’ordinateur, une question apparaît : «Quels sont tes trucs pour dormir?» C’est à l’insomniaque de se livrer comme dans un confessionnal soit par écrit, par un dessin ou encore par une vidéo. Grâce aux réseaux sociaux, ce sont plus de 2 000 confidences intimes qui ont ainsi été recueillies depuis septembre 2012 par les créateurs de l’ONF.

«Internet est le meilleur support pour raconter ces histoires, car on est connecté en tout temps. L’Internet, c’est l’insomnie, ça ne dort jamais. L’idée était d’amener les insomniaques au cœur de la création», poursuit-il.

Avec «Journal d’une insomnie collective», les créateurs invitent ainsi le public à vivre l’insomnie du point de vue d’un insomniaque. «C’est une façon d’en parler à quelqu’un, une machine, qui ne porte pas de jugement. Ces confessions apportent une sorte de libération», rajoute Judith Portier, directrice artistique de l’installation.

Deux façons de vivre l’insomnie

«Cette installation se veut une porte d’entrée dans le projet», explique Judith Portier. Le visiteur du Musée se retrouvera face à une boîte noire, située au centre d’une salle sombre. Par une petite entrée, le spectateur pénètrera dans ce confessionnal. Il sera invité à témoigner en répondant aux questions posées sur l’écran de l’ordinateur installé sur un petit bureau. «Nous voulons amener les gens à se sentir aussi intimes qu’à la maison devant l’ordinateur, mais publiquement. C’est une expérience immersive», dit-elle.

À l’extérieur, le visiteur retrouvera l’œuvre collective avec la projection des confessions de chacun. «Nous n’avons pas le mot final de cette création puisqu’elle est nourrie par les confessions des internautes», conclut Hugues Sweeney.

«Journal d’une insomnie collective» est présentée gratuitement jusqu’au 6 avril prochain, dans la rotonde du 1er étage du pavillon Gérard-Morisset du Musée des beaux-arts du Québec. Renseignements au 418 643-2150 ou 1 866 220-2150 ou sur le site Internet : www.mnbaq.org.

L’insomnie en chiffres

– un adulte sur trois vit de l’insomnie à l’occasion. L’insomnie chronique touche 10 % de la population.

– 10 % des Canadiens consomment des pilules pour dormir vendues sous ordonnance, et 16 % ont recours à des produits naturels ou à des médicaments en vente libre.

-100 est le nombre de références à l’insomnie sur Twitter en moyenne par minute.

– 6,6 milliards de dollars par année : coût de l’insomnie au Québec.

– 80 % des insomniaques sont rongés par l’anxiété, la peur, le stress.

Le Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

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