Culture
20:45 26 novembre 2013 | mise à jour le: 26 novembre 2013 à 20:45 temps de lecture: 5 minutes

L’art de jouer avec les mots

Gabriel Marcoux-Chabot se présente comme un écrivain, un chercheur et un éditeur. Ainsi, avec plusieurs cordes à son arc, il multiplie les projets. Il publiera d’ici quelques jours un recueil de poésie réalisé en collaboration avec les élèves de l’école Saint-Jean-Baptiste. Et en parallèle, il poursuit ses études en création littéraire à l’Université Laval. Rencontre avec cet amoureux des mots.

Gabriel Marcoux-Chabot propose, depuis l’automne 2011, aux écoles primaires et secondaires de la région de Québec des ateliers d’écriture, intitulés «Les héritiers du fou». En trois rencontres, les élèves créent un personnage, explorent différentes situations et finalement produisent un travail poétique.

Toute cette aventure remonte à 2004 lorsque l’écrivain publie son premier livre, intitulé «Le rire du fou».

La naissance du fou

Après des études en graphisme, Gabriel Marcoux-Chabot s’oriente vers la littérature. Est-ce le goût de la lecture transmis par ses parents? Une chose est sûre, il s’adonne avec plaisir à jouer avec les mots. «Tous les soirs, mes parents me lisaient une histoire avant de me coucher. Ils travaillaient comme bénévoles à la bibliothèque du village et là-bas, j’aimais lire un peu de tout, mais surtout des bandes dessinées. Il y avait un contexte favorable à aimer les livres, à aimer la littérature», narre-t-il.

En 2004, il crée le personnage du fou. ««Le rire du fou» met en scène un personnage qui est en dehors de la société, qui est marginal. Cela lui permet d’avoir un regard critique sur la société. Je me suis inspiré des représentations médiévales du fou, du bouffon. Mais cette marginalité lui cause une certaine douleur car il est seul», explique-t-il.

De fil en aiguille, Gabriel Marcoux-Chabot a souhaité élargir la portée du «Rire du fou», en s’inspirant de sa propre vie. Dans sa version actuelle, l’ouvrage se divise ainsi en trois parties : les fous rires, qui reprend les textes moqueurs; le soupir, qui met de l’avant les blessures; et les sourires, la partie finale du livre dans laquelle le fou n’est plus seul, sa marginalité est alors partagée.

«Et c’est ce désir de partager, d’avoir un ouvrage collectif plutôt que d’aller vers une démarche littéraire individuelle qui a mené aux ateliers d’écriture. À travers ces ateliers, les enfants créent leur propre fou. Ils exploreront le rire moqueur, la tristesse et le sourire. Chaque enfant va choisir le thème qui le touche le plus et travaillera un texte», détaille-t-il.

En 2011, il publie «Le rire du fou deuxième édition». Simultanément, il lance «La nef des fous», une petite maison d’édition. «Elle m’a servi à la fois à me publier et à lancer les ateliers d’écriture. Après chaque atelier, j’édite un recueil dont les jeunes élèves sont les auteurs des textes», résume ce passionné de la langue de Molière.

D’ici quelques jours, il lancera «Les héritiers du fou vol. 2», un recueil de poésie réalisé, au cours du mois de novembre dernier, par les élèves de 5e et 6e année de l’école Saint-Jean-Baptiste.

Des projets plein la tête

L’étudiant, qui commence cet automne un doctorat en création littéraire à l’Université Laval, poursuit son travail de recherche sur le rapport entre le prosaïque et le poétique. Pour le côté création de son doctorat, il planche sur un projet de roman «fantasy» pour adolescents. «Je veux remplacer l’arrière-plan mythologique stéréotypé que l’on retrouve dans ce style de roman par une théorie littéraire, qui est au cœur de mon projet de recherche. Il s’agit donc de considérer la littérature comme une opposition, une tension entre le prosaïque et le poétique», explique-t-il.

L’écrivain planche également sur un recueil de poésie. «Je fais se rencontrer la langue française et la langue innue, je joue avec la traduction et la sonorité des mots», poursuit-il. D’autres projets d’écriture sont dans les cartons, «mais je ne veux pas donner trop de détails, je peux dire qu’il s’agit d’un roman et d’un livre illustré», confie-t-il.

Le lancement du recueil de poésie «Les héritiers du fou vol. 2» se déroulera le 5 décembre, de 16h à 18h, à l’école Saint-Jean-Baptiste, local 202B. Événement ouvert à tous.

Le 7 décembre, Gabriel Marcoux-Chabot sera présent, avec des élèves de l’école Saint-Jean-Baptiste ayant participé à la rédaction du recueil de poésie «Les héritiers du fou vol. 2», à la 9e édition du salon Nouveau Genre, en l’église Saint-Jean-Baptiste, de 11 h à 19 h. Le recueil est en vente dans les libraires au coût de 20 $ et disponible au www.nefdesfous.com. Informations sur la page Facebook : https://www.facebook.com/nefdesfous.

Le Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

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