Culture
12:00 27 novembre 2016 | mise à jour le: 27 novembre 2016 à 12:00 temps de lecture: 4 minutes

Les traditions revisitées

WENDAKE. L’artisanat peut être traditionnel sans être figé dans le temps: c’est le pari que font des artisans hurons-wendat de Wendake, qui revisitent les techniques de leurs parents, grands-parents et ancêtres.

Avec du perlage et de la fourrure Marie-Philippe Gros-Louis créée des bagues, des élastiques, des barrettes et des bandeaux pour les cheveux. Ce qui servait autrefois à «écrire» la tradition orale avec des dessins formés d’assemblages de perles – les wampums – prend des formes plus «modernes» sur son métier à perler. Les symboles des courbes huronnes ou de la hache du chef politique et militaire du 18e siècle, Nicolas Vincent, ont toujours leur place sur les bracelets et les bagues qu’elle fait. Après tout, «le but c’est de diffuser la culture et raconter l’histoire des objets», dit Marie-Philippe – mais «au goût du jour».

Limiter l’artisanat à ses formes plus traditionnelles, que seraient les poteries ou les vêtements, c’est limiter la culture aux touristes, croit l’artisane. «Est-ce qu’on veut vendre une poterie pour cuisiner ou on veut un objet plus décoratif? Et les paniers qu’on utilisait pour récolter les fruits et l’eau d’érable, on veut en parler; mais faire un objet plus beau qu’on peut utiliser comme décoration.»

Lorsqu’elle a repris la tannerie de son père – la seule de Wendake – Karine Lainé voulait elle aussi perpétuer la tradition à sa manière. Avec son conjoint, elle ne compte plus les heures passées à observer, apprendre et pratiquer la technique de tannage traditionnel. Dans sa tannerie, le couple arrange les peaux d’ours, de raton et de lièvre que des chasseurs lui apportent. Karine Lainé en fait aussi des créations originales: des bijoux, des sacs à main ou en agrémentent des pièces de bois sur lesquelles elle peint. «Mes parents, c’était plus des chapeaux et des mitaines ou des bordures de manteau», décrit-elle.

«Vague»

Plus d’une quarantaine d’artisans comme elles ont rendez-vous au 2e Marché de Noël de Wendake, qui s’étendra cette année sur deux fins de semaine. Fière du succès du Marché de l’an dernier, l’organisatrice Sonia Gros-Louis prévoit aménager 28 tables d’exposants ce week-end et le suivant. Un premier marché de Noël autochtone s’organise par ailleurs à Sept-Îles, souligne Mme Gros-Louis. «On dirait que c’est une vague qui part». L’an prochain, Wendake songe même à organiser un premier marché de Noël des Premières Nations.

La culture à l’école

Adapter la tradition aux objets modernes facilite la diffusion de la culture, résume Marie-Philippe Gros-Louis. C’est du moins ce qu’elle constate auprès des jeunes du primaire à qui elle enseigne à l’école Wahta’. Pour que les élèves s’initient à la fabrication de wampums, la jeune enseignante et sa mère, elle aussi artisane, ont préparé des trousses qui comprennent des instructions et du matériel. «On ne veut pas que ce soit “artisanat cheap”, alors on utilise le cuir pour faire une belle finition au bracelet et achète des perles en verre», décrit-elle. «On veut qu’ils le portent et qu’ils soient fiers.»

Ces trousses, de même qu’une panoplie de créations, seront en vedette lors du Marché de Noël de Wendake. Des peintures, châles et autres vêtements, produits naturels seront aussi proposés par les exposants. L’événement se tiendra les 2-3-4 et 9-10-11 décembre prochains à la salle Kondiaronk, de 16h à 21h le vendredi et de 10h à 17h le samedi et dimanche. L’an dernier, le Marché a attiré plus de 2 000 personnes, rapporte l’organisation.

TC Media

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