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Deuil-Jeunesse, un organisme unique en son genre au Québec

Publié le 16 juin 2010
Avec Deuil-Jeunesse, Josée Masson estime répondre à un besoin ressenti par les jeunes vivant un deuil.

«Tout a commencé dans le cadre de ma carrière de 13 ans comme travailleuse sociale au CLSC Orléans de Beauport, débute Josée Masson. J’étais préoccupée depuis toujours par le deuil vécu par les jeunes et les adolescents. Je me suis cependant rapidement rendu compte que bien des adultes réagissaient comme si rien n’était arrivé. Je me disais qu’il fallait faire en sorte de résoudre cette problématique. Sans le savoir, j’avais jeté les prémisses de ce qu’allait devenir quelques années plus tard Deuil-Jeunesse.»

Elle réunit alors des jeunes et leurs parents pour les écouter raconter et préciser leurs besoins de même que leurs attentes par rapport à leur deuil. La travailleuse sociale comprend qu’il peut s’avérer bien difficile pour eux d’en parler et qu’il n’existait pas d’endroit en tant que tel pour les écouter sans qu’ils se sentent juger, sans pleurer et sans débordement d’émotions.

Dans le cadre de son travail au CLSC Orléans, elle crée et expérimente en 2000 le groupe pour les enfants endeuillés L’Arc-en-Ciel pour tenter d’aider ces jeunes à combattre leur deuil. Ce groupe connaît du succès comme en témoigne la reconnaissance de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval qui lui décerne le prix Simone-Paré. «Je suis par la suite appelée à des conférences sur le deuil des jeunes. À ma grande surprise, je me rends compte qu’il n’y a pas que le commun des mortels qui est mal à l’aise quand on aborde ce sujet délicat. Il y aussi les intervenants du domaine de la santé qui recherchent des outils pour faciliter leur travail. Le véritable tournant de ma carrière survient à la suite de la publication en 2006 de mon livre intitulé : Derrière mes larmes d’enfant; la mort et le deuil me font mal», de préciser Josée Masson.

Par la suite, on commence à l’appeler à titre d’experte pour tenter de comprendre certains drames qui se passent dans la société. «En 2007 alors que je suis en congé de maternité, je démarre seule les activités de Deuil-Jeunesse, qui devient un centre unique au Québec. Il se greffe par la suite une équipe de quatre autres personnes en Justine McHugh, François Rainville, Audrey Renaud et Jennifer Nadeau. Notre mission est de soutenir, informer, intervenir et sensibiliser les gens sur le deuil vécu dans l’enfance et l’adolescence. Nous traitons tous les types de deuil reliés à la mort, peu importe la personne décédée dans des interventions individuelles, familiales et de groupe», poursuit la fondatrice de Deuil-Jeunesse.

Croire en la vie

Même si elle rencontre des jeunes confrontés à la mort d’un proche ou d’un ami, Josée Masson aime dire qu’elle travaille et qu’elle croit en la vie malgré l’épreuve vécue par les jeunes qu’elle voit régulièrement.

«Notre travail est de rassurer les parents que leurs enfants vont bien. On forme ni plus ni moins une équipe pour améliorer le quotidien du jeune endeuillé comme de ses parents. Les adultes doivent comprendre qu’ils doivent regarder les jeunes avec des yeux de jeunes. Les parents doivent changer leur façon de faire avec les jeunes et les ados endeuillés. C’est en plein ce que nous faisons à Deuil-Jeunesse. Pour ce faire, trois valeurs de base guident nos actions; disponibilité, respect et professionnalisme», d’ajouter Mme Masson.

Cette dernière estime que son équipe a développé au fil des mois une façon de travailler qui leur permet d’accéder au monde des jeunes et des ados sans pour autant les heurter dans leur deuil. Entre autres, elle a mis sur pied quatre groupes spécifiques, soit les Petits êtres (3-6 ans), les Arcs-en-ciel (7-11 ans), les Phénix (ados) et les Monarques (jeunes vivant la maladie d’un proche). «Nous abordons le thème du deuil avec créativité et de façon humaine, ce qui pourrait expliquer une partie de notre réussite professionnelle. Nous y parvenons dans le respect des jeunes en leur offrant une diversité que nous croyons qu’ils aiment bien. Les gens du milieu de même que la population commencent à reconnaître le mérite de Deuil-Jeunesse. Je suis bien heureuse de cette reconnaissance, ce qui m’incite à poursuivre dans la même veine», de conclure Josée Masson.