Art De Vivre
10:13 12 juillet 2019

Québec accueille un acteur du combat contre les bactéries résistantes

Québec accueille un acteur du combat contre les bactéries résistantes
Les recherches d’avant-garde portent sur divers défis. Outre les bactéries résistantes, on s’attarde notamment à l’autisme, à l’alimentation, à la sauvegarde des abeilles et à la robotique. (Photo gracieuseté)

RECHERCHE. Alors que le Canada s’efforce de devenir une puissance en innovation, une organisation nationale attire déjà les meilleurs jeunes talents du globe cet été. L’une de ces étoiles montantes mondiales est un chercheur en chimie de l’Inde qui passe trois mois à l’Université Laval, pour aider à commercialiser des substances d’avant-garde capables de combattre des bactéries résistantes aux antibiotiques.

Asish Ninan Chacko, un étudiant de premier cycle de 22 ans aux Instituts de l’Éducation scientifique et de la recherche à Kolkata en Inde est l’un des quelque 1200 étudiants étrangers qui aident à résoudre de difficiles défis d’innovation dans 55 universités canadiennes par l’entremise d’un programme de stage d’été unique qui se nomme Mitacs Globalink. Il travaille sous la direction du professeur en pharmacie de l’Université Laval, Eric Biron, sur un projet qui a identifié deux nouveaux peptides (protéines extrêmement petites, mais très actives) capables de combattre agressivement trois des bactéries les plus problématiques auxquelles font face les industries alimentaires et agricoles.

La percée est importante, car les bactéries visées causent des maladies et des infections alimentaires nocives pour les humains et des pertes financières importantes en bétail dans les élevages commerciaux. Deux des bactéries, la listeria et le clostridium, sont communément détectées dans des charcuteries mal traitées et dans les produits de lait non pasteurisés ainsi que sur la viande et la volaille crues. La troisième, staphylococcus aureus, peut causer une infection des glandes mammaires chez les vaches à l’origine de pertes de plus de 20G$ dans l’industrie laitière, dont 400M$ au Canada.

L’un des peptides découverts par l’équipe de recherche de l’Université Laval est breveté et en attente de l’approbation de Santé Canada pour son utilisation à titre d’agent de conservation dans l’industrie alimentaire afin de prévenir les éclosions de listeria.

«Lorsque des entreprises doivent rappeler de la nourriture pour une éclosion de listeria, cela est très dispendieux. Du même coup, les pertes associées aux décès du bétail causés par le clostridium dans les élevages sont estimées à environ 2G$ par année. Nos peptides sont testés comme agents de conservation alimentaire et dans des fermes d’élevage comme moyen efficace d’empêcher les deux d’avoir lieu», explique M. Biron.

Expertise particulière

Au cours de son séjour au Canada, M. Chacko apportera son expertise au laboratoire pour stabiliser les structures des deux peptides et les rendre moins coûteux à produire à grande échelle. «Non seulement les connaissances théoriques et pratiques d’Asish sont-elles extrêmement grandes, il apporte de plus une approche différente à la résolution de problème au sein de notre équipe, explique M. Biron. Il est un énorme atout et il a déjà accompli beaucoup dans le peu de temps qu’il a été ici.»

Le stagiaire d’origine indienne, Asish Ninan Chacko pendant ces travaux. (Photo gracieuseté – Mitacs Globalink)

Pour M. Chacko qui vient de terminer sa quatrième année d’un programme combiné baccalauréat-maîtrise, l’expérience Mitacs Globalink est une opportunité de faire progresser sa carrière de recherche. «En Inde, nous faisons souvent face à des défis de financement et de disponibilité des instruments. Ici au Canada, j’ai accès à de l’équipement à la fine pointe et la recherche avance plus rapidement», dit-il en ajoutant que lorsqu’il passera à ses études doctorales, le Canada sera son option de choix.

Outre M. Chacko, près de 380 étudiants Mitacs Globalink de l’Allemagne, du Brésil, de la Chine, de la France, de l’Inde, du Mexique, de la Tunisie et de l’Ukraine sont aussi au Québec cet été. Ils travaillent dans des laboratoires à l’Université Concordia, à l’École de technologie supérieure, à Polytechnique Montréal, à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), à l’Université McGill, à l’Université de Montréal, à l’Université du Québec à Trois-Rivières et à l’Université de Sherbrooke.

Pour plus d’information: www.mitacs.ca/fr

Québec Hebdo

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