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Cyberdépendance: les jeunes à risques dès le primaire


Publié le 7 novembre 2018

Selon Cathy Tétreault, la cyberdépendance peut toucher des enfants dès le primaire.

©(Photo gracieuseté)

SANTÉ. Les élèves de 3e à la 6e année du primaire sont de plus en plus nombreux à utiliser Instagram comme moyen de communication. C’est ce que constate Cathy Tétreault, directrice générale du Centre Cyber-aide.

Invitée dans des écoles privées et publiques, elle remarque les effets de l’hypersexualisation dans les écoles et certains comportements liés à l’usage d’internet qui sont de plus en plus banalisés. La conférencière est bien consciente que les technologies sont très présentes dans nos vies et que leur usage incite même des enfants à socialiser davantage. Ils installent et utilisent des applications comme Snapchat et Musical.ly, une application qualifiée de réseau social et basée sur la création de vidéo, de messagerie et de diffusion en direct. Cette dernière est devenue récemment TikTok, une application mobile chinoise de partage de vidéo et de réseautage social.

Certains enseignants exigent que les élèves déposent leur cellulaire dans une boîte à l’entrée de la classe, mais ils en sont responsables en cas de vol.

Cathy Tétreault

Le Centre Cyber-aide de Québec propose cinq conseils de sécurité dans l’utilisation des technologies. Mme Tétreault incite l’utilisateur à apposer un autocollant pour obstruer l’œil de la caméra. «Il ne faut pas divulguer d’information personnelle et ne jamais parler à des inconnus. S’il s’agit d’accès à des jeux en ligne multijoueurs, ne jamais donner ses coordonnées, les mots de passe ou même le nom de son école. Ne pas les accepter en tant qu’amis sur les réseaux ou partager de photos intimes de soi ou des autres sont des règles de base.»

L’usage du téléphone cellulaire en milieu scolaire, celui des tablettes, d’ordinateurs portables ou de console de jeux sont autant d’éléments qui peuvent freiner ou causer de sérieux problèmes de cyberdépendance. «Il sont trop souvent banalisés», ajoute la directrice générale.

Ne voulant pas préciser le nom des établissements scolaires visés, Cathy Tétreault se questionne sur la pertinence qu’une classe entière de 4e année ait créée un groupe de discussion privé sur Messenger. Dans un autre cas, tous les élèves de 3e année possèdent un téléphone cellulaire. Une fois rendu au secondaire, indique-t-elle, ce sont souvent les problèmes liés à la cyberintimidation et les relations interpersonnelles qui se brouillent. «Cela peut parfois durer un mois avant que quelqu’un dénonce cette situation. Ce sont aussi les sextos et photos osées qui causent des problèmes.»

Manque d’information

L’été dernier, la médiatisation de cinq élèves du séminaire des Pères Maristes, qui ont partagé des photos osées de camarades de classe, a mis en lumière l’importance d’informer et de sensibiliser les élèves à l’utilisation saine et sécuritaire des technologies de l'information et de la communication (TIC) via internet. «Bien des parents, enseignants et intervenants se demandent comment se doter de balises afin de garder le contrôle sur cet univers virtuel.»

Le plus important, rappelle-t-elle, c’est l’équilibre. «Les technologies, les jeux, internet, c’est bien et très amusant. Il ne faut pas s’y opposer, mais inclure les jeux dans un tout équilibré. Quant à la sécurité, il ne faut jamais oublier qu’avec internet, nous sommes branchés sur le monde. Rien de ce que nous y faisons n’est complètement anonyme ou privé. La prudence et le jugement sont essentiels.»

Pour plus d’information consultez le site www.centrecyber-aide.com