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Pénurie en restauration

Un creux démographique aggrave la situation.


Publié le 5 octobre 2018

L'EHC offre un DEP en boucherie unique dans la région, auquel il est possible d'accéder à l'automne et à l'hiver.

©(Photo gracieuseté – EHC)

FORMATION. Le manque de main-d'œuvre pour combler les nombreux emplois vacants dans l'industrie de la restauration ne serait pas uniquement attribuable à la baisse d'intérêt des jeunes. Pour certains observateurs près du milieu, il pourrait aussi y avoir une cause toute naturelle qui vient brouiller les cartes en période de plein emploi.

C'est du moins l'opinion de Sophie Boetsa Carrier, conseillère en orientation et aux services aux entreprises à l'École hôtelière de la Capitale (EHC). À son avis, la pénurie d'effectifs en restauration est étendue à la grandeur de la région de la capitale, sinon du Québec tout entier. Et ce manque se trouve accentué par un autre aspect purement démographique.

«En plus de vivre une époque où le taux de chômage est historiquement bas, sous la barre des 4% depuis plusieurs années, nous traversons une période marquée par un creux des naissances. La génération qui arrive sur le marché du travail est la moins nombreuse depuis des décennies. On le voit dans les inscriptions à nos programmes de formation et on le sent fortement dans l'industrie, qui doit rivaliser d'ingéniosité pour combler le manque», observe Mme Boetsa Carrier.

Selon elle, la situation va peut-être se résorber un peu avec l'arrivée de la future cohorte. Encouragée par l'amélioration des services à l'enfance et des avantages fiscaux en faveur de la natalité, cette prochaine génération s'annonce prometteuse.

«Avec le mini bébé-boum vécu ces dernières années, il est permis d'espérer. Toutefois, à moyen terme, la pénurie de main-d'œuvre est là pour rester, surtout si on considère le vieillissement de la population et les vagues de départs à la retraite qui en résulteront», souligne l'experte à l'emploi de la Commission scolaire de la Capitale.

Comme la situation actuelle est appelée à perdurer un bon moment, les établissements scolaires sont contraints à revoir leurs façons de faire et à innover. À l'école hôtelière de la Capitale, en plus de formations de base en cuisine, pâtisserie et services de restauration, on a développé des programmes uniques.

«Ainsi, énumère Mme Boetsa Carrier, nous sommes les seuls dans la région à offrir les diplômes d'études professionnelles (DEP) en boucherie et en boulangerie. Aussi, nous avons ajouté dernièrement des attestations de spécialisation professionnelle (ASP) dans des domaines spécifiques comme la sommellerie, la cuisine du marché et la pâtisserie contemporaine en restaurant.»

Or, même si l'offre se diversifie pour attirer un plus vaste éventail de passionnés par les métiers de la restauration, la pénurie est toujours omniprésente. Certains restaurateurs la vivent plus durement et tentent des rapprochements avec les écoles de formation, dans le but de recruter directement à la source. La crainte, c'est que les jeunes soient tentés de laisser les études pour accepter un emploi payant. Un risque qui n'avantage personne.

Pour plus d'information: www.ehcapitale.qc.ca

Moments forts durant l'année scolaire

  • Deux entrées en formation, une à l’automne et une à l’hiver.
  • Salon de l'emploi fin mars, en collaboration avec l'industrie.