Sections

Roselyne Chevrette, une duchesse qui fait la différence


Publié le 27 janvier 2016

REVENGEANCE DES DUCHESSES. Femme – femme de coeur, de caractère, d'action –, amoureuse, poétesse, athlète, conférencière… et paresseuse et traîneuse à ses heures, avouera Roselyne Chevrette en toute candeur, ajoutant l'authenticité au portrait. La liste est longue avant qu'on en arrive à parler de sa trisomie 21 et, dans la foulée, de son nouveau statut de duchesse de Charlesbourg, première du nom au sein de la Revengeance des duchesses.

«Je suis une femme d'abord», revendique doucement la nouvelle recrue. «Une femme merveilleuse», ajoutera François Bellerive, directeur de l'Association pour l'intégration sociale de Québec (AISQ), dont Roselyne Chevrette est la porte-parole depuis 11 ans.

C'est lui qui lui a parlé de la Revengeance des duchesses. De l'esprit créatif qui anime l'événement, de sa valorisation de modèles différents de femmes, de son ancrage dans les quartiers de Québec. Roselyne Chevrette a senti qu'elle y avait sa place, l'organisation aussi: sa candidature a été retenue pour Charlesbourg.

Au cours de cette septième édition qui se déroulera du 28 janvier au 12 février, l'aspirante reine de 38 ans entend ainsi mettre ses qualités artistiques en lumière, sur le blogue collectif de la Revengeance comme dans les activités prévues sur le terrain. «Je fais du scrapbooking, du théâtre, de la danse depuis l'âge de 3 ans et de la poésie depuis l'âge de 7 ans», énumère celle qui s'apprête d'ailleurs à publier un quatrième recueil de poèmes. Au lancement des festivités, ce jeudi au Cercle, elle montrera de quel talent elle se chauffe avec une «prestation poétique très engagée».

Décrivant Charlesbourg comme une communauté ouverte sur le monde, portée sur l'entraide, Roselyne Chevrette se promet également d'en faire la promotion. Chose naturelle pour elle qui, duchesse ou pas, incarne déjà cette ouverture et ce sens de l'entraide en se faisant, depuis plus de 10 ans, le porte-voix de la différence.

«C'est ma mission de vie»

C'est donc aussi cette cause qu'elle portera à titre de duchesse de la Revengeance. «Je veux donner la voix à ceux qui ont une différence», explique la Charlesbourgeoise qui, à l'instar des conférences qu'elle a l'habitude de livrer, partagera son expérience de vie avec la trisomie 21, marquée notamment par des enjeux d'intégration.

Si elle est «femme d'abord», Roselyne Chevrette n'assume pas moins entièrement sa différence, dont elle a fait sa «mission de vie». C'est cette différence, du reste, qui lui donne sa couleur – comme les sept autres duchesses de la Revengeance auront à mettre la leur en valeur.

Pour sa part, François Bellerive voit notamment dans la démarche de sa protégée la concrétisation du travail que l'AISQ mène auprès de ses membres sur la valorisation positive. Il espère que la communauté réalisera «tout le potentiel des personnes qui ont une différence».

Pour que duchesse devienne reine

Le couronnement de la reine de la Revengeance se décline en tirage au sort parmi les votes que les duchesses reçoivent via le blogue, que ce soit pour leurs publications ou par chauvinisme (vive Charlesbourg!). Ce tirage aura lieu le 12 février au Bal du Lézard (1049, 3e Avenue). D'ici là, un vote est permis par personne par jour à partir du 28 janvier: www.revengeanceduchesses.com.

Québec Hebdo