Anne-Sophie Ruest-Paquette, une étudiante très engagée


Publié le 2 août 2013

Dire qu'Anne-Sophie Ruest-Paquette est une jeune femme engagée n'est pas un euphémisme. Coordonnatrice d’un groupe communautaire géré par et pour des jeunes altersexuels, aidante naturelle auprès de son père, créatrice dans le cadre de projets théâtraux franco-ontariens, bénévole à la ligne info-soutien du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel d’Ottawa et présidente du Groupe gai de l’Université Laval, cette étudiante n'en oublie pas moins les études puisqu'elle prépare un doctorat en cotutelle avec la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa et l’École de service social de l’Université Laval.

Depuis son arrivée à Québec en septembre 2010, la jeune femme de 32 ans s'est essentiellement impliquée auprès du Groupe gai de l’Université Laval (GGUL). «J'assume la présidence du GGUL depuis septembre 2011 et avec les célébrations des 35 ans du Groupe, il y a eu une amplification des projets spéciaux comme la coordination de la semaine de sensibilisation du VIH-Sida, la mise en place des deux spectacles au profit du GGUL, la coordination de la fête de la diversité sexuelle et de genre», poursuit-elle.

Et son implication ne s'arrête pas là. Elle siège également au comité organisateur communautaire de la Journée contre l'homophobie et la transphobie, de la fête Arc-en-ciel, du colloque de l'organisme de défense des droits des personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles et trans (GLBT) Québec.

En route vers la finale

«Quand je suis arrivée à Québec, je ne connaissais rien ni personne. J'ai énormément souffert d'isolement. Je suis devenue membre du GGUL pour sortir de chez moi. J'ai trouvé une famille d'accueil et je me sentais redevable au Groupe», confie-t-elle. Grâce à ses nombreux engagements, elle est finaliste dans la catégorie Personnalité 2e ou 3e cycle. Elle participera au Gala Forces Avenir le 2 octobre prochain, à Sherbrooke.

«J'ai voulu participer car lorsqu'on donne beaucoup aux autres, c'est facile de s'oublier soi-même. Pour préparer ce dossier il a fallu que je m'arrête, à faire le bilan de ce que j'ai fait, de qui je suis et de qui je veux devenir. Dans mon dossier déposé à Forces Avenir, j'ai dressé un portrait général de mon implication bénévole et de ma démarche scolaire», explique cette Franco-ontarienne.

En effet, son bénévolat est connexe à son domaine d'étude. En cotutelle de thèse, Anne-Sophie Ruest-Paquette est inscrite à Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa et l’École de service social de l’Université Laval. «Je m'intéresse à la problématique du harcèlement en lien au genre et à l'orientation sexuelle dans les écoles, principalement en ce qui concerne les répercussions identitaires chez les femmes qui ont éprouvé ce type de harcèlement en contexte scolaire franco-ontarien.

Une implication influencée par son passé

Et ses nombreuses implications ne sont pas le fruit du hasard.

«Quand j'étais enfant, j'ai vécu de l'intimidation de la 1re à la 7e année. C'était assez excessif. C'était de la violence physique et verbale tous les jours à l'école. C'était l'enfer. Ça a joué sur ma construction identitaire et mes relations sociales, confie-t-elle. À ce jour, je vis avec les répercussions de ces expériences-là car je ne peux pas changer le fait qu'on m'a volé mon enfance.»

Pour s'en sortir, elle décide de s'engager «pour éviter que ça se reproduise. La question du harcèlement à l'école est une des causes qui me tient à cœur. L'idée est d'apporter quelque chose de productif à partir d'expériences destructrices», poursuit-elle.

Peu importe le nom du finaliste en octobre prochain, Anne-Sophie Ruest-Paquette l'assure «il y a un bouillonnement de projets gérés par et pour les étudiants de l'Université Laval. On vit dans une société où des jeunes s'engagent. On a déjà gagné, ça me donne de l'espoir pour l'avenir», conclut-elle.

L'Appel, membre du Groupe Québec Hebdo