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Pont de Québec: «arrogance et mépris» de la part du CN, selon Régis Labeaume


Publié le 18 novembre 2014

INFRASTRUCTURE. «Je vais prendre deux mots: arrogance et mépris», a réagi Régis Labeaume à la publicité diffusée cette semaine par le CN. L'entreprise ferroviaire, propriétaire du Pont de Québec, y rappelle notamment le jugement récent de la Cour supérieure qui la soustrait à l'obligation de repeindre la structure dégradée par manque d'entretien, un travail d'esthétique qu'elle trouve trop onéreux.

«Je ne sais pas dans quel siècle vit le CN, mais l'esthétique d'un pont à l'entrée d'une ville, surtout un pont qui a déjà été une merveille du monde, comment peut-on penser que ça ne fait pas partie de leurs responsabilités?», a renchéri le maire de Québec en marge du dernier conseil municipal.

Dans la foulée, il balaie d'un revers de la main les affirmations de l'entreprise selon lesquelles il en coûterait 200 M$ de fonds publics pour refaire une beauté au Pont de Québec. Certes, «c'est un très gros chiffre, admet M. Labeaume, mais sur 10-15 ans, ce n'est pas un gros chiffre, c'est normal. On appelle ça la mise à niveau de tes actifs. […] Et s'ils l'avaient fait ces 10 dernières années, s'ils n'avaient pas arrêté en 2005, s'ils avaient mis 10 M$ par année, ce serait terminé.»

Le maire Labeaume a ainsi accusé le CN de préférer générer du profit que d'investir dans l'entretien de l'infrastructure. «C'est rare les entreprises qui laissent leurs actifs dans un tel état en plein milieu des communautés», a-t-il condamné en dénonçant, du même souffle, l'offre du CN de «donner le pont au palier de gouvernement le plus approprié». «Ils nous prennent pour des fous. Ils nous disent: […] "Vous autres, les payeurs de taxes, cons, reprenez-le et peinturez-le". Il faut vraiment être effronté», s'est emporté Régis Labeaume.

Bref, «qu'ils cessent leurs jérémiades, qu'ils prennent leurs responsabilités, et qu'ils peignent le pont», a-t-il conclu.

Membre du Groupe Québec Hebdo