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17:03 8 septembre 2022 | mise à jour le: 9 septembre 2022 à 10:05 Temps de lecture: 4 minutes

Patrimoine: Les villes du monde s’engageront-elles réellement?

Patrimoine: Les villes du monde s’engageront-elles réellement?
Photo: Métro média Mona LechasseurLe maire de Québec a prononcé le discours d'introduction au Symposium de l'OVPM.

Les villes patrimoniales du monde vivent plusieurs enjeux similaires, et le Symposium de l’Organisation des villes du patrimoine mondial qui a lieu jusqu’à vendredi à Québec est l’occasion de mettre à profit leurs expériences pour nourrir l’intelligence collective sur ce sujet. 

Défis de taille

Comment verdir des quartiers patrimoniaux pour apaiser les îlots de chaleur avec des rues étroites et un manque flagrant de terrains? Comment rendre plus dynamiques les rues de ces quartiers quand bien des propriétaires-touristes n’y sont réellement que quelques semaines par année? «On doit regarder ce qui se fait ailleurs et voir quelles idées peuvent s’importer chez nous», a indiqué le maire Bruno Marchand dans le discours d’introduction de l’évènement. Trois grands axes y sont discutés: des villes inclusives et cohésives, des villes résiliantes et dynamiques et enfin, une approche systémique de la ville. Pour y arriver, toutefois, les maires réunis à Québec cette semaine devront, dans les prochaines années, collaborer en concrétisant leurs aspirations, et en laissant de côté leur égo pour échanger les résultats de leurs actions dans leur villes, qu’elles soient satisfaisantes ou non.

Les îlots de chaleur

Le Symposium est le moment de partager les réflexions des villes patrimoniales pour faire face aux défis nouveaux, comme les changements climatiques, le tourisme en excès, les éléments modernité insérés dans les secteurs patrimoniaux et le manque de qualité de vie des citoyens qui habitent dans ces secteurs. Par exemple, les villes cherchent des solutions pour éviter que les citoyens ne désertent la chaleur étouffante des centres-villes. Cet été, plusieurs villes d’Europe ont dû endurer des canicules allant jusqu’à 40 °C sur plus d’une quinzaine de jours de suite. Parmi les échanges, on a pu entendre que la ville de Strasbourg, en France, espère planter 10 000 arbres dans les prochaines années, et remplacer le bitume par des espaces verts dans les cours extérieures des écoles.

Des échanges constructifs

Durant l’évènement, des maires ont été choisis pour décrire leur réalité. Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, a pris la parole pour expliquer que les nouvelles réalités concernant les changements climatiques forcent les villes à questionner leurs façons de faire. «Sommes-nous prêts à sacrifier l’harmonie de nos toitures anciennes pour permettre aux propriétaires de produire leur propre énergie? Cette demande est légitime, et nous sommes tous confrontés à des questions de ce type.»

L’équipe de Marrakesh a plutôt soulevé le fait que les documents des cadres juridiques en urbanisme sont encore rédigés de la même manière qu’il y a quarante ans, et qu’il est impératif d’inclure le volet Patrimoine lors de leur élaboration.

Le dialogue avant tout

Le maire de Cordoue en Espagne, José Maria, est venu expliquer à l’auditoire que l’amélioration du dialogue entre tous les groupes impliqués dans les secteurs patrimoniaux a été déterminante pour maintenir une certaine vitalité. Ce dialogue entre les citoyens, les entreprises, les groupes religieux, l’université et la ville passe encore aujourd’hui par une participation citoyenne via un groupe de travail, une table de quartier et une conseillère. Cette structure contribue à rendre les espaces historiques vivants et dynamiques, puisque tous se sentent impliqués dans les prises de décision. Le maire de Québec, lui, a maintes fois mentionné qu’il veut à tout prix éviter que le Vieux-Québec devienne une carte postale sans vie de quartier, et sans qualité de vie pour ceux qui y résident.

Un engagement nécessaire

Durant l’évènement, les maires de ces villes signeront une déclaration d’intention en guise d’engagement pour la préservation des valeurs universelles du patrimoine. Cette année, une analyse des besoins et des défis sera élaborée pour regrouper les expériences et en faire une intelligence collective. En 2023, des projets pilote seront mis en action avec l’aide de l’OPVM. En 2024, on évaluera les retombées qu’auront engendrées les actions et on mettra en commun les résultats.

Des moyens de communication seront mis en place pour maintenir un lien plus fort entre ces villes. Mais si ces dernières ne maintiennent pas le filon de la communication, si aucune d’entre elles ne s’engagent réellement à concrétiser les réflexions et à mettre en commun leurs résultats, et si elles ne s’en tiennent qu’à gérer les problèmes du quotidien sans travailler sur la vision globale pour préserver le patrimoine avec les défis d’aujourd’hui, l’exercice n’aura servi à rien.

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