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10:11 27 août 2022 | mise à jour le: 27 août 2022 à 10:11 Temps de lecture: 4 minutes

Sondage: les Québécois sont-ils indépendantistes sans le nommer?

Sondage: les Québécois sont-ils indépendantistes sans le nommer?
Photo: iStock

À la veille du déclenchement de la campagne électorale québécoise, l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI) rend publics les résultats d’une enquête d’opinion sans précédent sur les pouvoirs dont devrait disposer le Québec. Réalisé par la firme Léger 360, le sondage a été mené du 11 au 16 août auprès de 1 002 Québécois et Québécoises.

Le professeur Daniel Turp, président de l’IRAI et auteur de la note de recherche accompagnant la publication, a affirmé : « Les résultats – étonnants – de cette enquête ne sauraient être ignorés. L’appétit des Québécois et Québécoises pour que le Québec assume toutes les responsabilités d’un État dans chaque dimension de l’action politique, dépasse très largement l’offre « autonomiste ». On croit ainsi déceler, chez une majorité de répondants, un indépendantisme qui ne dit pas son nom. »

Les pouvoirs du Québec

L’enquête révèle qu’une majorité absolue de Québécoises et Québécois serait favorable à ce que le Québec dispose de tous les leviers pour décider de ses propres politiques dans les domaines suivants :  langue française [73%], immigration [60%], culture [77%], radio et télécommunications [66%], laïcité de l’État [62%], santé [68%], éducation, éducation supérieure et recherche [72%], politiques fiscales [61%], politique monétaire [61%], réglementation des banques [60%], commerce international [60%], transport international (trains, avions, routes) [55%], aéronautique et aérospatial [56%], propriété intellectuelle [62%], assurance-emploi [63%], environnement [67%], réglementation du transport d’énergies par oléoducs ou gazoducs [58%], relations avec les peuples autochtones [62%], pêcheries [62%], parcs nationaux [72%], droit criminel [60%], droits et libertés [65%], mariage et le divorce [65%]  et recensement [61%].

Par ailleurs, une majorité simple de Québécoises et Québécois serait pour que le Québec exerce toutes les prérogatives en matière de sécurité, de renseignement et de défense nationale, avec 49% de réponses favorables, 35% de réponses défavorables et 16% d’indécis ou de refus de répondre. Chez les francophones, ce chiffre s’élève à 55% et représente donc une majorité absolue.

Parmi les répondants et répondantes qui voteraient contre la souveraineté du Québec si un référendum devait avoir lieu (les « fédéralistes »), on constate aussi une adhésion majoritaire (simple ou absolue) à la plupart des propositions du questionnaire relatives aux pouvoirs politiques que devrait exercer le Québec. Autre particularité digne de mention, on note que ce sont en général les gens de la région (RMR) de Québec qui affichent le plus gros appétit pour que l’État québécois dispose de pouvoirs politiques accrus.

Monarchie, représentation internationale et institutions du Québec

Une majorité absolue de personnes sondées voit comme une « bonne idée » que le Québec abolisse la monarchie [61%], cette proportion atteignant 69% parmi les répondants et répondantes francophones. Une majorité simple de Québécois et Québécoises accueille favorablement les propositions voulant que le Québec envoie sa propre équipe nationale aux compétitions sportives internationales [46% « bonne idée », 43% « mauvaise idée » et 10% « je ne sais pas/refus »], qu’il siège à l’Organisation des Nations Unies (ONU) [45% « bonne idée », 41% « mauvaise idée » et 14% « je ne sais pas/refus »] et qu’il crée une citoyenneté québécoise [45% « bonne idée », 44% « mauvaise idée » et 11% « je ne sais pas/refus »]. Chacun de ces trois énoncés suscite l’adhésion de plus de la moitié des francophones, avec 53%, 53% et 55%, respectivement.

« À défaut de vouloir aujourd’hui l’indépendance comme telle, les Québécois et Québécoises – y compris une proportion significativement élevée de fédéralistes – en réclament les attributs. Il reviendra aux acteurs politiques d’en prendre acte, en particulier ceux qui cherchent à faire d’une plus grande autonomie pour le Québec leur fonds de commerce », a conclu le président de l’IRAI Daniel Turp.

Cliquer ici pour consulter la note de recherche

 

SOURCE Institut de recherche sur l’autodetermination des peuples et les independances nationales

 

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