Actualités
18:24 27 janvier 2022 | mise à jour le: 27 janvier 2022 à 18:32 Temps de lecture: 5 minutes

Rejet anormal d’émissions pour un four de l’incinérateur

Rejet anormal d’émissions pour un four de l’incinérateur
Photo: (Photo Métro Média - Archives)L'incinérateur est une source de polluants.

La Ville de Québec a rendu publics les résultats de la deuxième campagne d’échantillonnage annuelle effectuée du 8 au 16 septembre dernier aux cheminées des quatre fours de l’incinérateur. Ces résultats démontrent l’efficacité de l’utilisation des brûleurs au gaz, qui permettent d’avoir une émission de monoxyde de carbone conforme, mais également que le four numéro 4 présente une anomalie. Pendant les trois jours d’échantillonnage, les émissions de ce four ont dépassé en moyenne quatre fois la norme environnementale en dioxines et en furanes, des substances chimiques.

Conformité pour le monoxyde de carbone

L’utilisation des brûleurs au gaz naturel s’avère une solution efficace puisqu’ils favorisent une meilleure combustion des déchets et évitent ainsi de produire du monoxyde de carbone. «Pour la première fois de son histoire, le monoxyde de carbone est en deçà des normes environnementales pour les quatre fours, ce qui représente une belle avancée au bénéfice de la collectivité», fait valoir la Ville par communiqué.

Anomalie dans le four 4

Les résultats révélés par la Ville montrent cependant une anomalie dans les résultats du four 4 en ce qui a trait aux dioxines et aux furanes. L’échantillonnage a révélé un dépassement moyen de quatre fois la norme environnementale de ces substances. «Les équipes sont à l’œuvre pour expliquer cette situation», a fait savoir la Ville par voie de communiqué. Celle-ci explique que «les analyses réalisées jusqu’à maintenant confirment que toutes les opérations du four 4 ont été effectuées de la même manière que pour les autres fours qui sont tous conformes aux normes. Il est aussi exclu que la cause provienne des matières qui ont été versées dans les fours puisque chacun est alimenté avec de nouvelles matières toutes les 30 minutes. La Ville s’assure depuis que les conditions de fonctionnement du four sont optimales».

L’administration municipale explique que de toutes les campagnes réalisées depuis les 10 dernières années, il s’agit « seulement » du 3e dépassement en dioxines et furannes pour le four 4. Notons cependant qu’un échantillonnage avait été mené en juin 2021, mais le four 4 n’avait pas pu être analysé en raison d’un bris.

«Afin de s’assurer du retour à la conformité, la Ville prévoit une reprise de l’échantillonnage dans la semaine du 31 janvier par la firme Consulair. La Ville étudie également les options disponibles sur le marché des analyseurs en continu pour les dioxines et furanes et les possibilités d’acquérir ce type d’analyseur».

Rien de rassurant

«Malgré tous les investissements que la Ville a fait dans son incinérateur qui date de 1974, on constate encore malheureusement des dépassements, fait valoir Jean-Yves Desgagnés, porte-parole pour le Mouvement pour une ville zéro déchet. Le communiqué n’a rien de rassurant et banalise le problème», estime-t-il.
Pour lui, le fait que la Ville mentionne ne pas encore savoir quel est le problème du four numéro 4 est très problématique. «Ce four devrait être fermé tant qu’on ne trouve pas la source du problème».

Selon lui, les campagnes d’échantillonnage biannuelles font partie du problème, puisqu’elles ne recueillent qu’une infime partie des données. «Il faudrait au minimum une campagne à chaque saison, puisque les matières acheminées selon les saisons ne sont pas les mêmes et que selon les matières brûlées, les émissions ne sont pas les mêmes non plus».
S’il se réjouit des résultats obtenus grâce à la récente installation des brûleurs à gaz, M. Desgagnés souhaite rappeler qu’ils ont été installés à la suite des pressions citoyennes, 30 ans trop tard.
«L’incinérateur est une vieille bagnole qu’on tente de rendre performant», se désole le porte-parole.

Pour le Mouvement pour une ville zéro déchet, incinérer les poubelles n’est pas la solution. En ce sens, Jean-Yves Desgagnés se réjouit du récent rapport du BAPE, qui insiste sur l’importance de réduire les déchets à la source et rappelle que l’enfouissement et l’incinération ne sont pas les solutions. «On n’a pas d’écocentre de proximité comme à Montréal. Il faut prendre sa voiture pour aller jeter ces matières-là. Il y a plein de mesures qui devraient être prises par la Ville», croit-il.

Substances chimiques toxiques

Selon Santé Canada, les dioxines et les furanes sont les noms communs des substances chimiques toxiques qu’on trouve en très petites quantités dans l’environnement, notamment dans l’air, l’eau et le sol. Comme elles sont présentent dans l’environnement, on les trouve aussi dans certains aliments. «L’exposition aux dioxines et aux furanes a été associée à une vaste gamme d’effets indésirables sur la santé des humains et des animaux de laboratoire. Le genre et la fréquence des effets indésirables dépendent généralement de la durée et du degré de l’exposition».

La Ville tient tout de même à rassurer la population et rappelle que selon une étude du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, L’incinérateur et la qualité de l’air dans l’arrondissement de La Cité-Limoilou à Québec, les émissions de l’incinérateur n’ont pas d’effet décelable sur les concentrations de dioxines et furannes dans l’air ambiant.

À LIRE ÉGALEMENT:

Incinérateur: une campagne d’échantillonnage non représentative?

 

L’incinérateur: «une vieille voiture à retaper»?

La réforme de la consigne des contenants devra attendre

Articles similaires

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.