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Projet de garderie privée appuyé

La municipalité appuie le projet


Publié le 7 septembre 2018

La maison des découvertes a l’appui de la ville de Shannon

©Photo Métro Media – Perrine Gruson

Liste d’attente interminable en CPE, permis pour ouvrir des garderies non octroyés, horaires trop restrictifs en milieu familiaux, les parents de la région ne sont pas tous logés à la même enseigne quand vient le temps de trouver quelqu’un pour s’occuper de leurs enfants durant la journée.

La maison des découvertes, garderie privée, devait ouvrir le jour à l’automne sur le boulevard Jacques-Cartier à Shannon. Geneviève Simard avait d’ailleurs enregistré 125 réservations. Son projet a été soumis au comité consultatif qui a refusé le projet, soutenant que l’anticipation des besoins et de l’offre ne justifiait pas un tel projet.

Shannon soutient La maison des découvertes

Geneviève Simard aura au moins l’appui de la municipalité où elle souhaite s’installer.

«C’est leur initiative en plus, je suis vraiment touchée», confie Mme Simard après que le conseil municipal ait adopté une résolution pour soutenir son projet. Le 20 août dernier, la résolution a été adoptée à l’unanimité. La municipalité la transmettra sans tarder au ministère de la Famille pour soutenir le projet.

La Ville s’appuie notamment sur les plus récentes données démographiques sur la plus jeune population du Québec de l’Institut de la statistique du Québec qui classent Shannon au premier rang et sur la particularité de la ville de Shannon qui compte une importante communauté militaire majoritairement jeune, peut-on lire dans le compte-rendu du conseil municipal.

Les villes au nord de Québec favorables à l’implantation de garderies

Pierre Dolbec, maire de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier mentionne que sa municipalité compte deux Centres de la petite enfance et deux garderies privées en plus des services de garde en milieux familiaux. Il a signifié ne pas avoir été alerté d’une problématique de manque d’offres de garderies sur son territoire à ce jour.

«Toutefois, Sainte-Catherine, c’est plein de jeunes familles qui arrivent avec un ou deux enfants et en quelques années, les familles grossissent de plus en plus. D’autres s’installent. […] Au début de mon mandat il y avait 6500 habitants et nous sommes rendus à 8000. On veut continuer à être attractif pour les familles donc le nombre de places disponibles pourrait être problématique dans le futur», avance M. Dolbec qui confie savoir que les listes d’attente pour les CPE sont longues, mais «comme partout».

À Shannon, le maire Mike-James Noonan est du même avis. Il mentionne  qu’il y a actuellement de longues listes d’attente pour les familles qui souhaitent inscrire leur enfant à la garderie, c’est pourquoi la Ville se montre favorable à l’implantation de nouvelles garderies sur son territoire. C’est donc en ce sens que le conseil municipal a décidé d’appuyer le projet de l’implantation de La maison des découvertes, au 417, boulevard Jacques-Cartier.

Politique gouvernementale

Avec la loi 143, le gouvernement a décidé de favoriser la qualité des services de garde, en «délivrant des permis avec des exigences additionnelles et en réduisant le nombre d’enfants pouvant obtenir des services de garde d’une personne physique sans que celle-ci soit titulaire d’un permis», peut-on lire dans le projet de loi.

Parmi les conséquences, des exigences plus élevées pour le bien des enfants mais aussi des parents mécontents qui ont peur que leur milieu familial privé ferme et des responsables de service de garde privé qui pourraient fermer en raison d’une diminution de leur budget.

Au cabinet du ministre de la Famille, on ne peut préciser le nombre de permis refusés par année. Cependant, Karl Filion, attaché de presse du ministre Luc Fortin, rappelle que le comité consultatif se base sur des évaluations statistiques des places existantes en milieu de garde et sur le taux de couverture anticipée pour octroyer les permis. Le comité, composé de neuf membres de différentes instances gouvernementales, municipales et en lien avec la petite enfance, est nommé par les instances locales et émet des recommandations.

Karl Filion soutient que les projets sont évalués selon trois mêmes critères qui sont: la pertinence, la qualité et la faisabilité, et que parfois c’est plutôt l’un ou l’autre qui ne fonctionne pas pour l’obtention d’un permis. 

Places en garderies: les parents mécontents

Les parents de jeunes enfants savent qu’obtenir une place en milieu subventionné se planifie dès le test de grossesse positif. Le projet de loi 143 est parfois vu comme un obstacle supplémentaire pour obtenir une place.

Marie-Pierre Harvey vit à Sainte-Catherine de la Jacques-Cartier. «J'ai eu une place en CPE parce qu'ils ouvraient une nouvelle installation. Sinon j'attendrais encore. Mon amie attend encore sa place et sa fille a 3 ans et demi. Elle est obligée d’aller dans un milieu familial qu’elle n’aime pas», confie-t-elle.

«Je pense vraiment qu'ils étouffent le milieu privé avec cette loi alors qu’en tant que parents nous devrions pouvoir choisir selon nos propres critères», fait savoir Isabelle Boutet, maman d’une petite fille de 2 ans et demi.

Émilie Couture opère en milieu familial privé à Stoneham. Son milieu est en cours d’accréditation. Selon elle, il est essentiel de resserrer les critères. «Les cours de RCR et les absences d'empêchement n'étaient pas obligatoires! Les assurances non plus», s’insurge Mme Couture.

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Photo Métro Media – Perrine Gruson

Elle dit avoir d’ailleurs déjà vu une seule personne recevoir six bébés en plus des siens sans aide et sans formation et croit que les enfants ne bénéficient pas de soins de qualité dans ces cas. «Et c'était légal et publiquement financé par le retour d’impôts anticipé». Un autre problème va se présenter selon elle: «Beaucoup d’enfants de moins de 18 mois auront du mal à se placer puisqu'il n'y a pas de places en pouponnière supplémentaires de prévues pour pallier à ce changement».