Sections

Malaise à l'hôtel de ville de L'Ancienne-Lorette


Publié le 12 septembre 2018

Amie de longue date du maire Émile Loranger, la mairesse suppléante, Sylvie Falardeau, trouve la situation pénible à gérer.

©(Photo Métro Média – François Cattapan)

MUNICIPAL. L'actuelle crise que traverse la Ville de L'Ancienne-Lorette à la suite de la plainte pour harcèlement psychologique déposée par une employée contre le maire Émile Loranger n'est pas une mince affaire à gérer. Autant les citoyens que le personnel de bureau et les élus se trouvent affectés à divers degré par l'incertitude qui plane sur l'hôtel de ville.

Au sortir d'une récente assemblée extraordinaire du conseil municipal, convoquée pour prendre des résolutions afin de garder le maire à l'écart le temps que le dossier se règle, la mairesse suppléante a reconnu que la situation n'était pas simple pour personne. En plus d'avoir pris leurs distances en se désaffiliant d'Équipe Loranger, les élus (quatre sur six) tous devenus indépendants doivent faire avancer la Ville dans la tourmente, tout en informant les citoyens et en rassurant les employés sur la suite des choses.

Ce n'est certainement pas facile et surtout pas une situation dans laquelle nous espérions nous retrouver.

Sylvie Falardeau, mairesse suppléante de L'Ancienne-Lorette

«Ce n'est certainement pas facile et surtout pas une situation dans laquelle nous espérions nous retrouver. Dans les circonstances, des décisions logiques et pratiques ont dû être prises. M. Loranger n'en est pas fâché. Il est certainement déçu par la tournure des événements, mais il comprend que nous agissons pour le bien de notre administration», confie Sylvie Falardeau, qui collabore avec lui depuis plus de 30 ans.

Les citoyens de L'Ancienne-Lorette sont nombreux à réclamer des éclaircissements sur les impacts de la plainte pour harcèlement psychologique déposée contre leur maire.
(Photo Métro Média – François Cattapan)

La résolution entérinée à l'unanimité à la séance publique, qui a fait salle comble le 10 septembre, visait justement à demander au maire de ne plus revenir à l'hôtel de ville, tant que le processus d'examen de la plainte contre lui n'est pas complété. Une visite surprise de sa part, quelques jours auparavant afin de discuter avec les directeurs de différents services municipaux, avait causé un certain inconfort. C'est pour éviter que la situation se répète que les élus ont décidé d'intervenir.

«J'en avais discuté avec M. Loranger, mais il s'agissait d'une entente de gré à gré sans obligation de sa part. Cette fois, nous officialisons notre requête pour que les choses soient claires. Jusqu'à ce que cette affaire entre les mains de la CNESST (Commission des normes, de l'équité et de la santé au travail) arrive à son terme, il serait préférable qu'il ne se présente pas au bureau», précise Mme Falardeau.

Destitution à éviter

Elle s'attend néanmoins à le voir assister à une prochaine assemblée publique (soit le 25 septembre ou le 30 octobre) et n'y voit pas d'inconvénient. La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités oblige le maire à siéger au moins une fois au cours d'une période de 90 jours. Autrement, il s'expose à la destitution. L'échéance arrive le 30 octobre, journée durant laquelle est prévue une réunion du conseil municipal.

À une question d'un citoyen, la mairesse suppléante a confirmé que la défense était à la charge de la Ville, puisque la plainte a été déposée contre la municipalité. Par ailleurs, elle a aussi indiqué que le maire était rémunéré durant sa mise à l'écart des affaires courantes. «C'est la loi qui est ainsi faite et nous la respectons», affirme Mme Falardeau, en signifiant que le dossier avait coûté 27 000$ en fonds publics jusqu'à maintenant.

En réflexion

Inévitablement, cette saga qui fait la manchette depuis l'été ne laisse pas indifférent le principal intéressé. Émile Loranger a admis être en réflexion quant à son avenir politique. Se sentant isolé au conseil municipal et mal vu à l'hôtel de ville, où il occupe le bureau du maire depuis 1983, l'homme de conviction pourrait bien être contraint de mettre un terme prématurément à sa carrière politique.

Métro Média