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La mécanique et les études vont de pair

Partenariat scolaire et entreprise privée


Publié le 7 novembre 2018

Dans l’ordre habituel, Mathieu Robitaille, François Bélanger et Maxime Turgeon.

©(Photo Métro Média – Alain Couillard)

ÉDUCATION. Une opportunité d’affaires a permis à deux mécaniciens, Mathieu Robitaille, de Loretteville, et Maxime Turgeon, de Valcartier, de transformer leur entreprise individuelle en garage de micromécanique en partenariat avec Vallée Jeunesse Québec de Saint-Gabriel-de-Valcartier. Cette récente association permet à de jeunes décrocheurs de jumeler enseignement et expériences de travail.

«Les chemins se croisent parfois drôlement», se souvient François Bélanger, directeur général de l’organisme sans but lucratif. «L’hiver dernier, j’ai vu Mathieu, qui travaillait chez SM Sport, pour faire réparer ma motoneige. Je lui ai dit que j’avais un garage à opérer sans pour autant générer des revenus. Il m’a alors répondu qu’il s'en cherchait un car il voudrait se lancer en affaire.»

Les retombées du programme sont tellement bonnes et inspirantes qu’on veut s’en servir pour le reste du développement à l’école.

François Bélanger

L'organisme Vallée Jeunesse reçoit des jeunes non scolarisés de 16 ans et plus en leur offrant une expérience de travail tout en favorisant leur insertion professionnelle et sociale. «En sortant d’ici, ils n’ont pas de diplôme ni de compétences acquises, mais c’est certain que cela les avantages s’ils rencontrent un employeur.» Lui et son collègue, Maxime Turgeon, avaient une clientèle bien établie étant mécaniciens depuis une douzaine d’années.

François Bélanger se doutait bien que proposer un cours de micromécanique allait intéresser sa clientèle masculine qui compose 75% des élèves. «On a déjà proposé un cours de mécanique automobile antérieurement. Nous avions investi dans un garage avec tout l’équipement nécessaire et nous l’avons opéré pendant un an. Malheureusement, notre mécanicien s'est trouvé un emploi dans le domaine de la construction. L’idée d’offrir ce cours à court ou moyen terme n’est pas exclue.»

Pour le directeur général, ce premier partenariat avec l‘entreprise privée sert de base pour en implanter d’autres. Lors de la récente rentrée scolaire, des élèves et un enseignant en menuiserie se sont occupés de la mise en place des étagères, d’un comptoir et d’un bureau de travail. «Pour le moment, j’ai deux groupes de trois étudiants qui viennent ici pour neuf périodes de 70 minutes chaque semaine. Ça représente environ la moitié du temps passé en classe et dans notre atelier de réparation», précise Mathieu Robitaille.

Un autre programme ciblerait la buanderie commerciale de type hôtel sous la forme de plateau de formation. «Nous avons 120 unités de lits que nous louons dans six chalets, en bordure de la rivière Jacques-Cartier, dont la capacité d’hébergement varie de 12 à 44 personnes. Les participants pourraient acquérir de l’expérience dans un milieu réel de travail», fait observer M. Bélanger. De plus, la direction de l’école souhaite implanter un projet de cuisine commerciale avec un traiteur.

«Sur les 50 élèves que nous recevons, quatre ou cinq iront au diplôme d’étude secondaire et une trentaine d’autres arriveront à la porte d’entrée professionnelle. Le reste des élèves va y arriver, mais cela demandera un peu plus de temps», conclut le directeur général.