L’histoire de Nabil Haned, un Algérien qui a adopté le Québec


Publié le 17 février 2017

Nabil Haned (centre) tient le chandail porté par les joueurs en hommage aux victimes de la tuerie du 29 janvier 2017.

©(Photo TC Media - Charles Lalande)

SOCCER. Débarqué au Québec il y a 14 ans en provenance de l’Algérie, son pays natal, Nabil Haned a fait de la ville de Québec sa maison. Dès son arrivée, il a fait sa place dans le monde du soccer, à titre de gardien de but, avant de devenir entraîneur à cette position.

Pendant près de deux décennies, soit de 1984 à 2003, il a évolué en championnat d’Algérie. Rendu à la mi-vingtaine, il s’est mis à réfléchir à son après-carrière. Rapidement, il a senti «l’obligation» de redonner aux plus jeunes ce qu’il a lui-même reçu. Il a donc pris des cours, tout en commençant à prendre des jeunots sous son aile.

En 2005, lors de sa seule saison devant le filet du Rouge et Or de l’Université Laval, il a mené l’équipe à une première participation au Championnat national.

Son coach, Samir Ghrib, se souvient à quel point il avait été «exceptionnel», et ce, même si les conditions de hautes performances n’étaient pas optimales. «La moitié de notre équipe était musulmane et les qualifications étaient en plein durant le Ramadan, alors cette moitié ne mangeait et ne buvait pas», se rappelle-t-il en riant.

En juillet 2006, il décroche les postes d’entraîneur-adjoint et d’entraîneur des gardiennes lavalloises. Un emploi qu’il occupe toujours aujourd’hui. Récemment, on lui a aussi confié les cerbères masculins.

De plus, il est directeur-technique adjoint et responsable de la formation des gardiens et des entraîneurs à cette position clé pour le compte de l’Association Régionale de Soccer de Québec (ARSQ).

Selon lui, il est très important que le gardien soit encadré rapidement : «Tout d’abord, je travaille avec l’être humain, je veux apprendre à le connaître. Ensuite, ce sera plus facile de travailler avec l’athlète. Trop souvent, on néglige cela.»

Musulman pratiquant

Musulman pratiquant, Nabil Haned respecte fidèlement les cinq piliers de l’islam : la profession de foi, la prière, l’aumône légale, le jeûne du mois de Ramadan ainsi que le pèlerinage à La Mecque.

Le 29 janvier, c’est avec choc et consternation qu’il a pris connaissance de la tragédie survenue à la mosquée de Sainte-Foy, située à quelques pas de sa résidence : «J’ai beaucoup d’amis qui étaient là. J’aurais pu y être moi aussi, mais j’étais à Montréal [avec le Rouge et Or].»

À l’instar de son patron Samir Ghrib, il tient fermement à répéter qu’il s’agit d’un cas isolé. Son intégration dans la communauté québécoise s’est déroulée à merveille : «Je n’ai jamais eu le moindre problème. Aucun refus. Aucun épisode de racisme. J’adore les Québécois!», dit-il avec le grand sourire.

La vague de soutien des citoyens de la Vieille Capitale ne l’a même pas surpris. Un élan de solidarité qui s’est transposé dans le vestiaire des messieurs du club de soccer intérieur de l’Université Laval. Le défenseur français Romain Maillard a eu l’idée de rendre hommage aux victimes en portant un chandail spécial lors de la période d’échauffement de la joute disputée le dimanche 4 février.

Québec Hebdo

Nabil Haned a passé la majeure partie de sa vie sur une pelouse verte!

©(Photo gracieuseté – Stéphane Gaudreau)