Le rêve éveillé d’Antony Auclair

Le receveur du Rouge et Or lorgne vers la NFL


Publié le 24 janvier 2017

FOOTBALL. L’ailier rapproché Antony Auclair revient d’une semaine en Floride où il a participé au East-West Shrine Game, compétition tenue devant les 32 équipes de la National Football League (NFL). Malgré son statut d’unique Canadien français, le géant Beauceron de 6’6 et 254 lbs a fait tourner bien des têtes.

Au total, 25 formations de la meilleure ligue de football au monde l’ont passé en entrevue, soit 11 de plus qu’avant le début de l’événement, réunissant des joueurs des universités américaines et deux Canadiens. L’autre étant Geoff Gray, du Manitoba.

Le natif de Notre-Dame-des-Pins a dû donner quelques leçons géographiques à certains recruteurs. Ces derniers passent toute l’année à voyager aux quatre coins des États-Unis, mais ils n’avaient aucune idée où le Québec était situé.

«J’ai l’impression que certaines équipes avaient mieux fait leurs recherches. Elles me connaissaient beaucoup mieux, c’était plaisant.»

Du lot, on retrouve les Jets de New York et Chiefs de Kansas City, un club qui se plaît à accueillir des joueurs des quatre coins du monde, dont le Québécois Laurent Duvernay-Tardif, un Brésilien et un Africain. Au mois de décembre, un éclaireur de la formation s’était payé un voyage dans la Belle Province afin d’épier le #81 de plus près.

Après une semaine de pratiques, les footballeurs ont foulé le terrain pour une joute. Après avoir capté une passe de 18 verges, Auclair a tenté de sauter par-dessus un demi défensif adverse, mais sans succès.

«Je l’ai fait par instinct, ce n’était pas prévu. J’ai sauté trop vite, alors il s’est relevé [pour me plaquer]. J’ai bien paru, ç’a fait parler, mais ça n’a pas fonctionné», a raconté en riant celui qui estime avoir disputé une bonne rencontre.

Un «Pro-Day» à Québec

Auclair a complété son baccalauréat en Intervention sportive l’hiver dernier, de sorte que toutes ses énergies sont dirigées vers l’entraînement. Il s’envolera au Tennessee, sous l’œil averti de Charles Petrone, son entraîneur personnel.

À la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril, l’Université Laval sera le théâtre d’un «Pro-Day», une journée bien spéciale où le joueur se soumettra à une série de tests physiques devant les dénicheurs de talent.

La date reste à déterminer, mais «au moins 15» clubs de la NFL devraient y être, selon lui. Il s’agira de la première fois que l’établissement scolaire tient un tel événement. L’an dernier, le garde Charles Vaillancourt avait défilé dans le plus grand des secrets devant les Raiders d’Oakland.

Du 27 au 29 avril, le repêchage de la NFL se tiendra à Philadelphie. Si jamais il trouve preneur ou s’il reçoit une invitation, Antony Auclair verra son nom chuter de plusieurs rangs aux assises de la Ligue canadienne de football (LCF), qui aura lieu quelques jours plus tard.

Des fleurs de ses coachs

Son entraîneur-chef, Glen Constantin, et le coordonnateur défensif, Justin Éthier, n’ont pas caché leur fierté envers leur poulain, dont l’attitude exemplaire et l’éthique de travail ont grandement été vantées.

«Je leur ai dit qu’on demande à nos joueurs d’aller au gymnase deux fois par semaine. Antony y va sept fois. Il est aussi très sérieux dans son alimentation et son sommeil. Il est la preuve que si tu es bon, peu importe où tu joues, les gens vont te trouver», a évoqué Constantin.

Selon Éthier, la carrure et le style de jeu d’Auclair cadrent nettement mieux dans la NFL, où le livre de jeux lui permettrait de sortir du lot : «Nous avons eu à ajuster notre offensive à ses habiletés. Une équipe de la LCF aurait elle aussi à le faire, contrairement à la NFL.»

Québec Hebdo