Mathieu Bertrand, du sang Rouge et Or

Son attachement pour le programme lavallois est immense


Publié le 6 octobre 2016

FOOTBALL UNIVERSITAIRE. «C’était bien les gars. Nous allons le refaire plusieurs fois, jusqu’à temps que ce soit parfait.» Tels ont été les mots prononcés par Mathieu Bertrand lors d’un entraînement du Rouge et Or alors qu’il apprenait un nouvel exercice à ses joueurs. C’est avec cette mentalité qu’il a été élevé et c’est cette même mentalité qu’il veut transmettre à la nouvelle génération lavalloise.

«Ça fait deux ans que nous perdons contre les Carabins [de Montréal] en finale québécoise et que le match se joue sur un seul jeu. Il faut viser la perfection pour être à notre meilleur dans les moments cruciaux», de dire l’homme aujourd’hui âgé de 38 ans.

Quart-arrière vedette de 1998 à 2003, il avait choisi Laval pour la simple et unique raison qu’il «flairait la bonne affaire». Il voulait faire partie de la première organisation québécoise à soulever la Coupe Vanier, le Saint Graal du football universitaire canadien.

Il avait vu juste. L’imposant #19 a aidé aux deux premières conquêtes du programme, en 1999 et en 2003. Il se rappelle encore, qu’en 1999, lors de la demi-finale canadienne, ses coéquipiers et lui ont fermé le clapet des puissants et arrogants Huskies de la Saskatchewan.

«De notre côté, c’était la première fois que nous sortions de notre conférence. Eux, ils étaient les champions en titre. Ils étaient très confiants, nous disant qu’ils allaient montrer aux petits québécois comment jouer au football.»

Humble, il peine à croire que ses exploits datant de plus d’une décennie sont encore soulignés par les partisans de l’équipe. Encore aujourd’hui, «le petit gars de la Rive-Sud de Montréal» se promène dans sa ville d’adoption et se fait féliciter par des fidèles supporteurs.

«Ça fait tellement longtemps! Mes années universitaires ont passé trop vite. J’aimerais ça les revivre, a-t-il laissé entendre. Je suis tombé en amour avec la Ville de Québec. J’ai choisi de m’établir ici parce que je me sens chez moi.»

Un attachement profond envers l’Alberta

À l’été 2004, Mathieu Bertrand s’est exilé neuf ans avec les Eskimos d’Edmonton, dans la LCF, où il a été converti en centre-arrière.

«J’ai toujours aimé l’aspect physique du sport. Le défi de changer de position était stimulant. Je devais attraper et courir le ballon, tout en protégeant notre quart-arrière», a dit celui qui s’est aussi fait un nom sur les unités spéciales.

Au passage, il a remporté la Coupe Grey en 2005, un triomphe tout aussi gratifiant que la Coupe Vanier, mais totalement différent. Gagner dans les rangs universitaires, tu représentes l’équipe et un établissement scolaire et les milliers étudiants de celui-ci.

«Par contre, c’est plus payant de gagner chez les pros», a ajouté le principal intéressé en riant.

Coacher ailleurs qu’à Laval? «Jamais dans 100 ans»

Au fil des ans, le colosse a toutefois accumulé les blessures, forçant ainsi les Eskimos à le libérer.

Déjà impliqué dans le personnel d’entraîneurs de son alma mater, ce n’était qu’une formalité avant qu’il s’y joigne à temps plein. Glen Constantin lui a confié les unités spéciales et le groupe de centres-arrières.

«Je suis très proche des joueurs puisque je connais leur réalité. Ils ont beaucoup de pression sur leurs épaules. Ils travaillent extrêmement fort et nous ne devons pas oublier qu’ils ne sont pas payés», a-t-il rappelé sur ses étudiants-athlètes.

Pour lui, il n’était pas question d’enseigner sa passion à un autre endroit que l’Université Laval : «Jamais dans 100 ans. Je ne me ferme aucune porte [chez les pros] pour le futur, mais j’ai une petite famille que je ne veux pas forcer à déménager.»

Québec Hebdo