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Patrick Scalabrini, le caméléon passionné

8e saison à la barre des Capitales pour l’homme de 40 ans


Publié le 4 avril 2017

Patrick Scalabrini est bien en scelle avec les Capitales de Québec.

©(Photo TC Media - Charles Lalande)

Patrick Scalabrini a célébré son 40e anniversaire de naissance le mardi 7 mars dernier. Aucune crise de la quarantaine à l’horizon. Ce père de deux enfants et véritable passionné de baseball ne lésine pas sur les efforts pour ramener un championnat à la concession des Capitales de Québec. 

Au grand dam de sa conjointe, il passe le plus clair de son temps à épier d’innombrables joutes disputées aux quatre coins du monde.

Être gérant d’une équipe de la Can-Am, c’est devoir s’adapter tel un caméléon, en dénichant un joueur à la toute dernière minute pour colmater les départs et les blessures.

Ancien lanceur, devenu gérant, puis président, Michel Laplante est le boss dans les bureaux des Capitales. Bien sûr, Scalabrini a des comptes à lui rendre, mais ils sont d’abord et avant tout deux grands amis : «Sauf quand on joue au hockey parce qu’il chiale tout le temps!», a lancé en riant, celui qui voue un énorme respect à M. Laplante.

De 2006 à 2013, les fidèles partisans installés dans les gradins du Stade municipal, aujourd’hui appelé le Stade CANAC, ont vu leurs favoris remporter six titres en huit ans, dont cinq consécutifs. Depuis, les villes de Trois-Rivières et d’Ottawa ont accueilli de nouvelles formations, qui lui ont soutiré plusieurs joueurs québécois et canadiens. Simultanément, son noyau a vieilli et de tels gros morceaux ne se remplacent pas facilement.

Cet été, il entend tout faire pour ramener un championnat dans la Vieille Capitale. Cependant, il a encaissé deux coups durs quand ses deux derniers Québécois ont quitté le navire. Karl Gélinas a signé au Mexique et Jonathan Malo a accroché ses crampons. Bonnes nouvelles, Karl Triana et Maxx Tissenbaum devraient revenir après avoir été retranché de leurs camps d’entraînement respectifs dans les ligues majeures.

Passionné

Qui de mieux que Patrick Scalabrini pour parler de la Ligue Can-Am, le baseball indépendant, qui gagne en lettres de noblesse au fil des ans?

Il peut à la fois parler de ses deux séjours de quatre saisons en tant que joueur, ou de ses sept années à titre de gérant des Capitales de Québec, uniforme pour lequel il a fièrement défendu les couleurs pendant de six campagnes.

«La position de lanceur s’est grandement améliorée, il y a beaucoup plus de profondeur. Notre ligue a gagné le respect grâce aux joueurs comme Andrew Albers (membre des Capitales en 2010) qui ont un certain succès dans les majeurs ou dans l’affilié.»

«Jadis, j’appelais du monde et on me répondait qu’il n’y avait aucune chance de jouer au baseball indépendant. Les gens pensaient que c’était une ligue de bière. Maintenant, ils sont plus ouverts d’esprit.»

Le gérant Patrick Scalabrini.
(Photo TC Media - Charles Lalande)

Évidemment, la profondeur et l’égalité des marchés sont des points à améliorer. «Aussi, le plafond salarial est très strict et il ne suit pas l’inflation.»

Carrière de joueur

Avant d’être le grand manitou des Capitales, Scalabrini a fait carrière à titre de joueur aux quatre coins du globe. Gradué de l’Académie de Baseball du Canada, il met le cap sur l’Oklahoma, où il est recruté par un collège d’envergure qui a accueilli les Éric Gagné et Pierre-Luc Laforest de ce monde.

Avec les Seminoles, il attire l’attention de nombreuses universités américaines. Du lot, l’Université d'Hawaï lui fait les yeux doux, de sorte qu’il poursuit ses vies sportive et étudiante à Honolulu.

«L’opportunité de vivre à Hawaï m’a séduite. Un vrai dépaysement, mais c’était mon rêve de petit gars. Je voulais le vivre à fond. À l’époque, je ne parlais pas beaucoup anglais, mais au moins, les gens du Midwest parlent lentement (rires).»

Ses périples au Japon, en Australie et à Cuba l’ont poussé à voyager, à s’ouvrir sur le monde et à s’intéresser à de nouvelles cultures. Avec le projet Cuba Québec chapeauté par les Capitales, il veut que les jeunes vivent exactement cela.

«Grâce au sport, les barrières tombent et les jeunes se sentent plus à l’aise», a admis Scalabrini, qui entend répéter l’expérience.

Après des séjours avec les filiales des Cubs de Chicago et des Orioles de Baltimore, il s’est approché au maximum de son rêve. «Je suis assez humble pour savoir que la marche était trop haute pour moi. Au moins, j’ai la fierté de m’être entraîné très fort et d’avoir poussé mon rêve au maximum.»