Karl Gélinas s’exile au Mexique

Le lanceur quitte les Capitales après dix saisons


Publié le 28 mars 2017

Comme plusieurs, Karl Gélinas a dédié la victoire à son bon ami Bob Bissonnette. (Photo TC Media – Charles Lalande)

Vétéran de dix saisons avec les Capitales de Québec, Karl Gélinas, a convaincu les dirigeants des Pericos de Puebla de lui octroyer un contrat dans la Ligue du Mexique, considérée comme le niveau AAA des États-Unis, à un échelon de la Ligue majeure de baseball (MLB).

En janvier dernier, son coéquipier de la dernière saison, Adrian Garza, a tâté le terrain auprès de lui, dans le but de savoir s’il était intéressé à évoluer dans ce circuit.

«Au début, je n’étais pas trop convaincu, ç’a avait l’air compliqué, mais j’étais intéressé», a-t-il avoué dans une entrevue téléphonique.

Puis, Gélinas est parti en Arizona, afin de s’entraîner avec Éric Gagné, ancien releveur étoile de la MLB. Coïncidence, il était en pourparlers avec les dirigeants des Pericos. Gagné a poliment repoussé leurs avances, tout en leur recommandant positivement Gélinas, qui a finalement été mis à l’essai.

Débarqué à Puebla, une ville de 1,5 millions d’habitants située à deux heures de Mexico, au milieu du mois de mars, le lanceur de 33 ans a été envoyé sur la butte à deux reprises en matchs préparatoires, où il n’a alloué qu’un seul point, six coups sûrs en sept manches de travail.

L’artilleur droitier a rapidement remarqué l’intérêt porté à son endroit. Des chiffres ont été mis sur la table avant d’apposer son nom au bas d’un contrat d’une saison.

Les gérants mexicains ont sans doute plusieurs qualités, mais la patience n’y est pas. «C’est un phénomène connu. Il y a une pression additionnelle sur les joueurs étrangers. Certains ont déjà reçu des avertissements après quelques manches en matchs préparatoires. Par contre, quand tu livres la marchandise, ils sont très patients et reconnaissants», a expliqué l’ancien espoir des Angels d’Anaheim (MLB). 

En 2014, il avait reçu une invitation au camp des Phillies de Philadelphie, mais son séjour s’est terminé plus rapidement que prévu, étant retranché sans explication. «C’était injuste et injustifié. Aujourd’hui, j’ai la chance de prouver que je peux tirer mon épingle du jeu dans un niveau qui se compare au AAA.»

«C’était déchirant de lui annoncer»

Au fil des années, Karl Gélinas a développé une relation d’amitié très étroite avec son gérant des Capitales, Patrick Scalabrini, qui a fait de lui son lanceur numéro un et l’entraîneur à cette position. De ce fait, quand il a reçu la confirmation qu’il pouvait s’installer au Mexique, il n’était guère facile d’informer son complice de son départ.

«Ça me fait quelque chose de quitter une organisation que j’ai tatouée sur le cœur. C’était déchirant. J’ai été très bien traité pendant ces dix saisons. Personnellement, c’est tout un avancement. Si tout se déroule bien, mon salaire peut doubler l’année prochaine.»

Par contre, l’ancien #34 n’est pas du tout inquiet pour le futur des Capitales. Le flair de Scalabrini lui permettra de dénicher de nouveaux talents pour remplacer son départ et celui de Jonathan Malo (retraite).

Québec Hebdo