Un « choc culturel à travers le baseball » pour une dizaine de jeunes de Québec

Projet Cuba Québec des Capitales


Publié le 5 janvier 2017

BASEBALL. Les liens tissés avec Cuba par les Capitales de Québec depuis trois ans ne profitent pas qu’aux joueurs professionnels. Une dizaine de jeunes de Québec s’envolent vers les Caraïbes jusqu’au 12 janvier pour apprendre à la cubaine.

En tout, ils seront une douzaine de Québec et de Montréal; tous des joueurs assidus dans les ligues de baseball amateur. Ils seront accompagnés entre autres du président et directeur général des Capitales de Québec, Michel Laplante, instigateur du projet.

Alexis Dionne de l’Association VBAL de Québec y va pour la deuxième fois. De sa première expérience sur les terrains de baseball de Cuba, il se souvient des entraînements rythmés avec des coups de sifflet et « des taureaux qui se promènent autour du terrain! »

Michel Laplante ne s’en cache pas : le but premier est de « déstabiliser » les jeunes. « Ce qu’on voit beaucoup, c’est des super voyages en Floride où on va permettre de côtoyer les joueurs du baseball majeur, où on va avoir les plus beaux terrains et bien moi, je voulais faire tout le contraire. Je voulais aller dans un terrain qui n’est pas parfait, jouer avec des jeunes qui ont moins de sous, avoir des entraîneurs qui parlent seulement l'espagnol et de dire : comment tu vas réagir quand tout ne sera pas parfait? »

En « pantoufles » et sans gants

Reste que les joueurs québécois âgés entre 10 et 12 ans pourraient difficilement rêver d’un meilleur endroit pour lancer la balle : « Là-bas, 80% des jeunes jouent au baseball », note le père d’Alexis, Frédéric Dionne, président de l’Association VBAL. Mais ils le font effectivement de façon plus modeste a constaté Alexis, qui se rappelle avoir échangé des balles avec des joueurs chaussés de « pantoufles », sans casque et sans gants. Ce qui est loin de les empêcher de bien jouer, conclut le garçon.

Adaptation

Pendant le voyage, on veut que les jeunes s’amusent avant tout. « On espère que les répercussions vont être plus dans trois ou quatre ans », note Michel Laplante. La leçon d’adaptation qu’on veut leur partager sera selon lui plus qu’utile à ceux qui auront l’opportunité d’être repêchés au cours de leur carrière. « J’aimerais ça recevoir un e-mail quand un de ces jeunes-là va avoir 18-19 ans, qu’il va aller dans un collège américain et qu’il va m’écrire après trois mois pour me dire : J’ai trouvé ça tellement dur quand je suis arrivé, mais j’ai pensé à quand je suis allé à Cuba, à la capacité d’adaptation et ça m’a aidé. J’espère que c’est un déclencheur pour ça », conclut le PDG des Capitales.

Opportunité de recrutement pour les Capitales

Les organisateurs du voyage auront eux-mêmes les yeux rivés sur des acquisitions potentielles lors de leur séjour à Cuba. Avec le début des séries le 4 janvier, trois joueurs des Capitales disputeront la victoire sur le terrain, mentionne Michel Laplante, « en plus de deux autres joueurs qu’on aimerait peut-être avoir avec nous. Donc on ne pourrait pas choisir un meilleur timing que ça ».

Les Capitales de Québec accueillaient en 2014 le voltigeur Yuniesky Gurriel, le premier joueur professionnel à recevoir l’accord du gouvernement cubain pour pratiquer son sport en Amérique du Nord, alors que plusieurs vedettes du baseball s’enfuient de leur pays pour vivre de leur métier.

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« Dans tout ce que les Capitales font avec Cuba depuis le début, cette partie-là d’amener des jeunes Québécois là-bas fait partie de l’ensemble; ce n’est pas séparé, rappelle Michel Laplante. Dans le temps, c’est [d’abord] Yuniesky Gurriel qui est venu ici et six mois après, on est allés là-bas. Mais l’étape d’avoir un partage culturel à travers le terrain de baseball, ça faisait partie dès le début de l’échange. »

TC Media