Petit Pelletier et Petit Champlain

Tribune libre (Photo TC Media - Archives)

Le passage de deux artistes françaises au «Petit Champlain » rappelle la monstruosité de l’appellation. 

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La campagne électorale municipale est l’occasion de soulever la question, sinon le problème. Les candidats, présentement tout ouïe, seront sensibles au traitement du toponyme symbolique de la capitale. Imaginons qu’un électeur leur propose au cours de la campagne de rendre hommage à d’anciens maires. Il leur allonge des propositions du style : Parc du Petit L’Allier, Rue du Petit Pellletier, Boulevard de la Petite Boucher. On peut supposer que nos politiques en herbe penseront : c’est complètement fou, c’est péjoratif, etc. Je partagerais leur avis. Et pourtant, les Québécois acceptent depuis plus d’un siècle le toponyme Rue du Petit Champlain. On nous serine qu’il remonte loin dans le passé. On oublie que l’appellation de départ, sous le Régime français, était «Petite Rue Champlain», rendue en anglais au 19e siècle par « Little Champlain street » puis translittérée bêtement en français. En somme, nos candidats auraient raison de se montrer sceptiques face à un hommage du genre « Rue du Petit Pelletier », mais il ne faudrait pas qu’ils restent de glace face à « Rue du Petit Champlain », une monstruosité en français et une fausseté historique.

Gaston Bernier
Québec, Qc

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