Les peuples nomades des steppes mongoles

Publié le 29 avril 2016

VOYAGES. Malgré des réalités quotidiennes souvent bien différentes, les ressemblances sont parfois surprenantes entre le voyageur itinérant et le Mongol nomade…

Par Ariane Arpin-Delorme

Dans ce pays plat, tout relief plus haut qu’une maison à deux étages est une montagne «uul». À l’horizon, quelques groupes de yourtes blanches («ger» en mongol) se dessinent. Elles semblent se protéger du monde moderne. Selon la légende, la yourte est un symbole de paix et de rassemblement familial. C’est aussi la solution optimale pour contrer aux intempéries. Si la chance vous sourit, vous pourriez même arriver juste au bon moment afin de démonter une yourte.

Loger au sein d’une petite communauté locale représente une belle opportunité à saisir afin d’entrer en contact avec une famille. Pourquoi ne pas participer aux tâches quotidiennes: traite des vaches, sciage du bois, coupe du fromage «aruul» à l’aide d’un cheveu, apprendre les rudiments des jeux d’osselets, dégustation de la vodka mongole en compagnie des grands-mères, préparation d’un repas traditionnel tel le ragoût «khorkhog». Profitez-en pour enfiler l’habit traditionnel «deel», une robe manteau faite de soie ou de drap feutré. Ajoutés d’une écharpe de couleur jaune ou orangée, en guise de ceinture, les hommes sont coiffés d’un chapeau alors que les femmes se recouvrent la tête d’un foulard coloré. Les hautes bottes noires apportent la touche finale.

Il est intéressant de noter que les nomades mongoles ne se déplacent pas par choix de vie et d’envie de liberté, mais plutôt pour des raisons reliées aux conditions climatiques hostiles. Il ne faudrait pas imaginer que le nomadisme est une errance aveugle, au gré des fantaisies; les bêtes ne le supporteraient pas. Vivant dehors tout au long de l’année, ce sont, selon les régions, des troupeaux de bovins, de yaks, de moutons, de chèvres et de chameaux (le chameau de Bactriane, à deux bosses, capable de supporter le rude hiver) qui constituent le mode de subsistance et de revenus principal. Quand l’herbe est épuisée autour de la yourte, la famille et son troupeau se déplacent. Les éleveurs mongols connaissent dès le début de l’année l’ensemble de leur trajet et leurs points de campement. Il s’agit donc bien d’une façon de dominer les éléments de la nature. Même Ourga, l’ancienne capitale, se déplaçait!

En Mongolie où il n’y a pas vraiment de transport en commun, même les routes se déplacent et deviennent ainsi semi-nomades, telles les rivières au travers des saisons. La plupart des nomades se déplacent à cheval, cet animal élégant est bien significatif.

L’hospitalité mongole est une tradition ancestrale ! On dit que les nomades sont très rarement surpris par la venue de visiteurs étrangers ou mongols, car leur style de vie est fait pour accueillir tout passant. La coutume étant d’arrêter à chaque campement lors de sa route afin de prendre le thé au lait salé. Ils s’attendent à la même attention en retour lorsqu’ils en auront besoin. Leur mode de vie les a habitués aux courtes rencontres : chacun a son propre chemin à suivre. C’est le pays où la terre est dure et le ciel est loin! L’entraide et la solidarité sont une condition de survie. Un merveilleux peuple à rencontrer… en arrivant par le train Trans mongolien au départ de la Chine, en randonnée pédestre, en minivan russe ou bien sûr à cheval…