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Les policiers de Montréal veulent continuer à porter leurs pantalons de camouflage


Publié le 6 septembre 2017

Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur

©PC

Les policiers de Montréal veulent continuer à porter leurs pantalons de clown ou de camouflage, au nom des libertés d'expression et d'association.

Leur syndicat, la Fraternité des policiers de Montréal, a plaidé que c'est un de ses seuls moyens de pression efficaces, mercredi, en commission parlementaire sur le projet de loi 133, qui vise à contraindre les policiers à porter leur uniforme réglementaire. La Sûreté du Québec (SQ) a quant à elle exprimé son appui au projet de loi.

Rappelons que le gouvernement Couillard a déposé cette pièce législative parce que des corps policiers ont porté au cours des années des pantalons de camouflage, pour protester notamment contre la réforme de leur régime de retraite, ou encore dans le cadre des négociations en vue du renouvellement de leur convention collective.

Le président de la Fraternité, Yves Francoeur, a affirmé que le syndicat allait contester devant les tribunaux le projet de loi s'il est adopté.

En commission parlementaire, il a dit être «estomaqué par la démesure des attaques antisyndicales du gouvernement», en rappelant que les policiers sont déjà «très limités» dans leurs moyens de pression, puisqu'ils n'ont pas de droit de grève.

«Les interdictions que comporte ce projet de loi s'avèrent totalement injustifiées et injustifiables, tout comme elles ne répondent à aucun impératif ou nécessité autre que celui d'affaiblir le mouvement syndical policier», a-t-il déclaré.

Le procureur du syndicat, Laurent Roy, a pour sa part fait valoir que le port d'une casquette de couleur constitue un moyen de pression depuis 35 ans sans que jamais auparavant cela n'ait pu causer d'inconvénient.

«Des moyens de pression qui puissent être aussi utiles que celui-là, il n'y en a pas, on n'en a pas trouvés», a-t-il commenté.

Pour sa part, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, estime que son projet de loi est «équilibré». Selon lui, il faut que la population puisse identifier en toutes circonstances les forces de l'ordre. Il a dit être convaincu que le port de l'uniforme «agit sur le lien de confiance».

«Vous laissez entendre que de faire respecter le port de l'uniforme vous empêche de vous exprimer, a-t-il affirmé en s'adressant au syndicat. C'est faux. Mais vous n'étayez pas votre position. Il existe de multiples moyens de pression.»

D'ailleurs, la Sûreté du Québec (SQ), qui est venue exprimer son appui au projet de loi, est allée dans le même sens. «Certains moyens administratifs ont eu, pour nous, l'employeur, beaucoup plus d'impact pour ébranler l'organisation que le port de pantalons de camouflage», a expliqué l'inspecteur-chef Patrick Bélanger, de la SQ.

De même, il est d'avis que l'altération de l'uniforme mine la crédibilité du policier, dont la noblesse passe par le décorum, selon lui. «Lorsqu'un policier intervient, il est très rare qu'il est bienvenu, il est très rare qu'il fait face à un respect outre mesure. L'uniforme vient engendrer une forme de respect.»

Patrice Bergeron, La Presse canadienne