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Pris dans le cercle vicieux de la drogue, du crime et de la violence


Publié le 24 juillet 2017

Maryline Potvin a quitté le palais de justice de Québec en direction du pénitencier, où elle passera les 53 prochains mois.

©(Photo TC Media – Archives)

TRIBUNAL. Raphaël Tremblay est l'exemple typique des affres que vivent les jeunes aux prises avec un grave problème de consommation de drogue dure. Les pertes de contrôle, les délits et les actes violents se trouvent au cœur de la vie de ce jeune homme de Québec depuis son adolescence. L'arrivée d'un premier enfant a fait naître tardivement un désir de se reprendre en main, mais il devra d'abord répondre de son lourd passé devant la justice.

Le juge René De la Sablonnière en a décidé ainsi, en refusant sa demande de remise en liberté à l'étape de l'enquête sur cautionnement. «Je ne vous lancerai pas la pierre. Vous avez un problème sérieux à régler, mais dans pareille situation vous restez un danger pour la société. Votre réhabilitation demeurera possible après le procès et, entre temps, je ne peux permettre votre remise en liberté», a expliqué le magistrat.

Tremblay doit répondre de 7 chefs d'accusation pour des voies de fait et des menaces contre un autre jeune homme. À la tête d'un trio, l'accusé a enlevé la victime dans son logement de Beauport pour l'amener dans le garage d'une résidence privée de Pont-Rouge. Durant la séquestration, on lui a versé de l'essence sur la tête, menacé d'y mettre le feu et frappé avec une barre de fer.

Ce sont les propriétaires de l'endroit, nullement avisé des intentions de Tremblay, qui sont intervenus en entendant du bruit et des cris. Ils ont fait fuir le trio de malfaiteurs, avant de venir en aide à la victime et d'alerter les policiers. Les arrestations ont été effectuées dès le lendemain des faits survenus le 18 mars dernier. Le problème pour l'accusé, a soumis la procureure de la Couronne, Me Mélanie Tremblay, c'est qu'il était sous probation pour des délits similaires pour lesquels il avait plaidé coupable en décembre 2016.

Désir de vengeance

Visiblement émotif et instable, le jeune père de famille repentant a pleuré durant la majeure partie de l'audition. Il a requis à plusieurs reprises de discuter avec son avocat, Me Luc Picard, afin que celui-ci fasse valoir au juge qu'il a beaucoup réfléchi durant les quatre derniers mois passés en détention préventive. Sa motivation en était une de vengeance, ayant lui aussi subi précédemment un épisode de séquestration avec menaces de la part de sa victime.

La Défense a fait valoir que les choses avaient évolué favorablement depuis la première arrestation de Raphaël Tremblay en 2015, alors qu'il est tout juste âgé de 18 ans. Soutenu par sa conjointe qui ne veut pas d'un père criminalisé pour son enfant, l'accusé a suivi une thérapie de 5 mois pour contrôler ses problèmes de consommation de morphine et de GHB, en plus de s'éloigner des mauvaises influences qui l'entourent. Il espérait, en vain, être remis en liberté pour réaliser une thérapie complémentaire.

«Je reconnais être une personne impulsive et violente sous l'effet de la drogue, mais j'apprends à mieux me contrôler. Je veux régler mon problème de consommation et briser le cercle vicieux qui me mène à commettre des crimes. Je souhaite vraiment m'en sortir et l'arrivée dans ma vie de ma petite fille, ça me motive. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée», a témoigné l'accusé en sanglotant.

La cause reviendra devant la Cour le 22 août pour fixer une date de procès. Dans l'intervalle, les parties ont convenu de rester en contact en vue d'examiner la possibilité d'en venir à une entente pouvant accélérer et même régler le dossier.

TC Media