Marie-Pierre Tremblay a ruiné son rêve d'être policière


Publié le 19 mai 2017

L'ex-policière de la SQ, Marie-Pierre Tremblay, a été assignée à résidence pour les 18 prochains mois, dont les 9 premiers en tout temps et les 9 derniers avec couvre-feu.

©(Photo TC Media – François Cattapan)

TRIBUNAL. Par sa faute pour avoir pris une série de mauvaises décisions et n'avoir pas demandé l'aide disponible afin de se sortir de ses problèmes personnels, Marie-Pierre Tremblay a ruiné sa carrière et brisé son rêve accompli d'être policière. L'ex-agente de filature de la Sûreté du Québec devra purger une peine de détention dans la collectivité pour avoir nui à une enquête policière pour protéger son conjoint de l'époque.

Tremblay avait précédemment reconnu sa culpabilité à 6 chefs pour usage malveillant d'un ordinateur, entrave et abus de confiance dans l'exercice d'une fonction d'autorité. En avril 2013, l'ex-agente de la SQ a accédé au réseau du Centre de renseignement policier du Québec (CRPQ), afin de vérifier si son nouveau conjoint trafiquant de drogue pour un réseau criminel faisait l'objet de surveillance.

Elle a admis cette intrusion à ses supérieurs et espérait s'en tirer avec une réprimande ou une suspension administrative. C'était toutefois sans se soucier des suggestions de quitter son conjoint pour le bien de sa carrière ni des impacts sur l'importante enquête en cours sur un réseau de distribution de drogue. Plusieurs précautions et ajustements ont dû être pris par la SQ pour ne pas mettre ses agents en danger dans cette opération.

Arrêtée en juin 2013 et confrontée à des preuves solides, l'accusée a fait des aveux complets. Libéré d'une peine précédente de pénitencier pour importation de drogue aux frontières avec les États-Unis en 2006, son conjoint Keven Harvey-Maltais est retourné derrière les barreaux pour 42 mois en lien avec du trafic de drogue.

Tremblay pour sa part dit regretter les gestes irréfléchis qu'elle a commis, alors qu'elle traversait une période difficile de sa vie. En Défense, Me Jean-Roch Parent avait fait valoir que ses problèmes de consommation et de boulimie étaient liés à un état de choc post-traumatique diagnostiqué au retour d'une mission policière en Haïti.

Analyse du juge

Le juge Alain Morand a pris en considération le fait que l'accusée a perdu son emploi et vu son rêve de carrière volatilisé. De plus, le réseau de trafiquants de drogue a pu être démantelé sans conséquences fâcheuses. Enfin, Tremblay regrette ses gestes dont elle n'a pas mesuré l'ampleur des conséquences à l'époque, a suivi avec succès une thérapie contre la dépendance aux drogues, s'est reprise en main en complétant des études en électricité et a adopté un mode de vie sain incluant une certification en yoga.

Considérant que l'accusée est mobilisée, soutenue par ses proches et présente un risque de récidive faible, le juge Morand a soupesé les aspects de dénonciation et de réhabilitation. Il a imposé à l'ex-policière une peine de 18 mois de détention dans la collectivité, ainsi que 240 heures de travaux communautaires. La décision du Tribunal s'avère mitoyenne entre la demande d'un sursis de sentence présentée par la Défense et celle d'une détention ferme de 30 mois proposée par la Couronne.

TC Media