Une ex-entraîneuse de patin acquittée d'agression sexuelle


Publié le 20 avril 2017

Lucie Verret, ex-entraîneuse de patinage artistique.

©(Photo TC Media - François Cattapan)

TRIBUNAL. Après avoir vécu plusieurs mois d'angoisse, l'ex-entraîneuse de patinage artistique, Lucie Verret, a été acquittée de l'accusation d'agression sexuelle sur un ancien élève de 14 ans. Le Tribunal en est arrivé à cette décision après avoir soupesé les témoignages dans ce crime d'époque remontant au milieu des années 1980.

Dans un long jugement rendu oralement, la juge Réna Émond a expliqué qu'une cause impliquant un mineur au moment des faits devait être analysée de façon particulière. La jurisprudence en la matière démontre que les détails peuvent être moins précis et les souvenirs plus vagues, sans être dénués de fondement.

Selon la magistrate, «le témoignage de l'accusée est apparu crédible, sincère et transparent. De plus, il a été corroboré par des témoignages en appui et aucune preuve n'a été faite quant à son intention de profiter du plaignant, autrement que dans le but de l'aider. En contrepartie, le récit du plaignant a été miné par des incohérences, des erreurs de fait et un manque de détails pour une situation aussi traumatisante. Cela a contribué à la présentation d'une preuve déficiente.»

La juge Émond s'est empressée de préciser que sa décision ne voulait pas dire que les faits ne se sont jamais produits. Toutefois, à la lumière des éléments qui lui ont été présentés, elle n'en a pas été convaincue. Dans les circonstances, elle se doit de faire bénéficier à l'accusée de 55 ans du bénéfice du doute raisonnable et de prononcer un verdict d'acquittement.

Soulagement

Au sortir de la salle d'audience, l'avocate de la Défense, a indiqué que sa cliente ne tenait pas à s'adresser aux médias. Cependant, elle ressort de cette mésaventure meurtrie, mais soulagée. «Vous savez, a déclaré Me Susan Corriveau, on ne se remet jamais entièrement d'avoir vécu un calvaire pareil. Ça laisse de traces, surtout quand on vit dans l'incertitude pendant près de cinq ans.»

Les délits dénoncés par le plaignant se seraient déroulés en 1984, dans l'appartement de son entraîneuse de patin. La femme de 23 ans à l'époque aurait eu deux relations sexuelles complètes avec son protégé et patineur étoile de 14 ans. Le plaignant aujourd'hui âgé de 47 ans a déposé une plainte en 2012. La juge Émond n'a pas retenu la version de l'homme ayant longtemps eu des problèmes de consommation et d'instabilité émotionnelle.

TC Media