Quand un enfant disparaît

Dossier disparitions


Publié le 31 mars 2017

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DISPARITION. Selon le lieutenant aux stupéfiants et coordonnateur aux disparitions, Éric Leblond, les disparitions d'enfants en bas âge sont souvent les plus faciles et rapides à régler. La raison est simple: ils ne peuvent pas être très loin. Dans moins d'un pourcent des cas, les enfants sont toutefois réellement enlevés par un inconnu.

En effet, quand la centrale 911 reçoit un appel pour un enfant disparu, on parle souvent d'un enfant perdu dans un centre d'achat, ou un enfant qui s'est égaré à proximité de la maison.

 Les procédures sont semblables dans le cas d'une disparition d'enfant que d'une disparition d'adulte, toutefois, dans le cas d'une personne d'âge adulte, elle se trouve généralement plus loin, puisqu'elle peut se déplacer en voiture ou en autobus.

Là où la situation diffère, c'est quand la personne d'âge mineure est autonome et a volontairement quitté la maison. Dans ces situations on ne parle toutefois pas d'une disparition, mais bien d'une fugue. Parfois, ces jeunes sont des récidivistes et les services de police, en collaboration avec la famille, savent où les trouver, explique le lieutenant Leblond. «C'est exactement le même principe et le même système» que dans un cas de disparition, confirme M. Leblond.

L'organisme montréalais Réseau Enfants-Retour offre du soutien aux familles qui doivent vivre avec la disparition d'un enfant, qu'il soit en fugue, enlevé par un parent ou par un inconnu. Réseau Enfants-Retour œuvre partout au Québec, il n'existe aucun organisme équivalent dans la Capitale-Nationale.

La directrice générale, Pina Arcamone, estime que malgré une collaboration difficile avec les corps policiers quand ils ont commencé à opérer en 1985, leur rôle s'est bien défini et les relations se portent maintenant très bien. «Nous ne sommes pas enquêteurs, notre expertise est dans le soutien émotionnel aux parents, mettre nos partenaires à contribution, en plus du volet prévention et sensibilisation» explique Mme Arcamone.

Toutefois, elle estime que les policiers peuvent parfois banaliser les fugues ou les enlèvements parentaux et qu'il y a encore de la sensibilisation à faire à ce niveau.

Un organisme pour aider les familles

Pina Arcamone rapporte qu'en 2015, soit les données les plus récentes disponibles, il y a eu 6 803 signalements de disparitions d'enfants au Québec. Elle explique que de 85 à 90% de ces dossiers concernent des jeunes en fugue et que l'enlèvement parental est la forme d'enlèvement la plus courante au Canada.

Les enfants enlevés par un inconnu, comme la petite Cédrika Provencher et bébé Victoria, toutes deux enlevées à Trois-Rivières, sont «très très rares au pays», explique Mme Arcamone. Ce type d'enlèvement compte pour moins d'un pourcent dans les disparitions d'enfants. Bébé Victoria, enlevée le 26 mai 2014 par une femme qui s'était fait passer pour une infirmière à l'hôpital Sainte-Marie, est le dernier cas d'enlèvement d'enfant par un inconnu qu'a vécu le Québec.

Dans une situation semblable, une alerte Amber est lancée. «Si la vie de l'enfant est en danger, on déclenche l'alerte Amber», même si l'enfant est enlevé par un parent, explique la directrice générale de Réseau Enfants-Retour.

Parfois, l'organisme intervient dans des dossiers où la personne disparue est âgée de plus de 18 ans. C'est le cas du dossier de Marilyn Bergeron, disparue il y a neuf ans à Québec, alors qu'elle était âgée de 24 ans. «Peu importe l'âge, qu'il ait 24 ou 14 ans, ça demeure l'enfant de quelqu’un, c'est la même angoisse pour les parents», explique Mme Arcamone.

Le printemps est arrivé, les journées rallongent, il fait plus chaud et les enfants ont hâte de jouer dehors. L'arrivée de la chaleur peut mettre les enfants à risque de se faire approcher par des gens mal intentionnés. Sur la page Facebook de Réseau Enfants-Retour, vous pourrez trouver de nombreux conseils pour mieux vous outiller, ainsi que vos enfants.

 

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