Apprendre à jongler avec la garderie et la famille

Parents aux horaires atypiques

Publié le 27 janvier 2017

Sans le soutien de la famille, il est difficile pour les parents aux horaires atypiques d'assurer une garde des enfants 24h/24h. (Photo deposit)

GARDERIES. Les parents aux horaires de soir, de nuit, ou tout simplement aux horaires variables doivent jongler entre la garderie et l'aide de la famille pour la garde des enfants. Certains optent pour des garderies privées, faute d'avoir trouvé une place en CPE. D'autres vont tout simplement se tourner vers les nounous à la maison.

Marie-Claude est agente de bord. Pour le travail, elle doit fréquemment s'absenter de cinq à 10 jours et son horaire change tous les mois. Quand elle est absente, son conjoint doit s'occuper d'aller porter et chercher leur fils au CPE, malgré son horaire, lui qui travaille sur la construction.

Évidemment, Marie-Claude envoie son fils moins longtemps au CPE quand elle est à la maison, ce qui fait en sorte qu'il est difficile d'atteindre le 80% de fréquentation. «Il a fallu que je fournisse une lettre de mon employeur comme de quoi j'ai un horaire atypique qui explique pourquoi je n'atteignais pas le 80% de fréquentation».

Elle estime que pour réussir à assurer la garde des enfants avec un horaire atypique, il faut avoir de la famille à proximité qui peut aider, ou avoir beaucoup d'argent pour payer quelqu'un pour s'occuper des enfants à la maison. Le problème avec la famille, explique Marie-Claude, c'est que quand les enfants sont malades, les grand-mamans ne veulent pas attraper les microbes.

Une autre option souvent envisagée par les parents aux horaires atypiques est qu'un des deux parents travaille le jour et l'autre la nuit, assurant ainsi une présence auprès de l'enfant.

Sophie, elle, est serveuse. Elle peut travailler le jour, le soir, et la fin de semaine. Son conjoint travaille dans un hôtel, il a également des horaires variables.

«On n'a pas nos horaires d'avance, on vit au jour le jour. Il faut planifier la semaine la dernière minute». Son enfant n'a toutefois pas de place de jour en garderie, seulement une place pour le soir et la fin de semaine dans une garderie privée. Quand les deux parents travaillent dans le jour, ils peuvent compter sur l'aide de leur famille. «On est vraiment gâtés. En plus, ça fait plaisir aux grand-mamans».

Sophie a toutefois eu beaucoup de difficulté à trouver une garderie qui convenait à ses besoins. «Il devrait y avoir une plus grande facilité à trouver les garderies aux horaires atypiques. Je cherchais et je n'arrivais pas à en trouver», Elle affirme avoir réussi à se trouver une place grâce au bouche à oreilles, et ce, dans une garderie à 15-20 minutes de chez elle, en direction opposée de son travail.

Les super-mamans

Marie-Claude soulève un autre aspect de la conciliation travail-famille: «la culpabilité de la femme qui veut être performante au travail, mais qui doit parfois rester à la maison quand son enfant est malade», n'ayant pas d'autre option.

Elle affirme que le plus difficile est au cours de la première année de vie de l'enfant, avec le retour au travail. «Il y en a un des deux parents qui finit par être moins productif au travail avec tous les rhumes et virus de l'enfant».

Voyageant beaucoup, elle considère voir moins cette problématique dans le milieu anglophone, où les femmes retournent travailler beaucoup plus tard. Elle croit que les garderies à 7$ font souvent en sorte que les femmes retournent au travail plus tôt que dans les provinces anglophones.

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