«Ne vous imposez pas de limites» - Christine Girard

Publié le 23 janvier 2017
Christine Girard a été la première Canadienne à remporter une médaille olympique en haltérophilie. Elle pose ici avec sa médaille de bronze remportée à Londres en 2012. Cette médaille s’est par la suite transformée en médaille d’argent à la suite d’un contrôle positif chez une des autres médaillées.

©Gracieuseté

(Par Jean-François Vachon) Médaillée olympique, l’haltérophile Christine Girard est devenue la première femme canadienne à grimper sur le podium aux Jeux olympiques dans sa discipline.

Si elle avait un conseil à donner pour les jeunes filles, et même pour les jeunes garçons, c’est de ne pas s’imposer de limites. «Souvent, avant même de s’attaquer à une charge ou à quelque chose, on peut se dire que c’est trop lourd ou non. Il faut aller à la rencontre des vraies limites.»

Maintenant entraîneuse d’haltérophilie en Colombie-Britannique, la Rouynorandienne s’est trouvé une nouvelle passion. «J’adore voir l’évolution non seulement de l’athlète, mais aussi de la personne à travers le sport», a-t-elle confié.

Dans un monde de résultats, l’haltérophilie est un sport qui permet aux jeunes filles et garçons de gagner plus rapidement de la confiance en soi. «Tu as plus la chance de voir rapidement les résultats du travail accompli à l’entraînement. Une semaine, tu peux avoir de la difficulté à lever 45 kilogrammes, mais tu y arrives au bout de quelques semaines. La progression est visible plus rapidement et ça donne beaucoup de confiance», a-t-elle expliqué.

Dans la sphère publique, on disait que c’était un sport de gars, mais ça n’a jamais été un obstacle. J’étais entouré de gens qui comprenaient mon sport Christine Girard

Un sport individuel

Christine Girard n’a jamais vraiment rencontré d’obstacles parce qu’elle est une fille. «L’haltérophilie est un sport individuel. J’ai été un peu chanceuse aussi parce que c’était un sport assez récent du côté féminin et il n’y avait pas énormément de pays qui avaient développé ce sport», a-t-elle reconnu.

Elle a cependant rencontré quelques préjugés. «Dans la sphère publique, on disait que c’était un sport de gars, mais ça n’a jamais été un obstacle. J’étais entouré de gens qui comprenaient mon sport», a-t-elle souligné.

Les avantages et désavantages des petites localités

Selon elle, plusieurs facteurs expliquent le fait que les sports féminins soient un peu plus absents des médias. «Il y a aussi une différence entre les sports d’été et ceux d’hiver», a-t-elle mentionné.

Par contre, elle distingue aussi une différence entre les athlètes en région vis-à-vis ceux des grands centres. «J’ai été chanceuse parce qu’en région, j’ai toujours eu une bonne couverture des médias.»

Par contre, autant il y a des avantages, autant il y a des désavantages. «Si je m’étais entraînée à Montréal, j’aurais eu accès à des centres ayant des services de massothérapie, de physiothérapie, etc. En région, j’ai dû bâtir mon équipe autour de moi. Ce fut quelque chose de très positif pour moi», a-t-elle fait valoir.

Le processus suit son cours pour les médailles de Christine Girard

Rappelons qu’au cours de la dernière année, Christine Girard a vu certaines de ses adversaires aux Jeux olympiques de Pékin de 2008 et ceux de Londres de 2012 être testées positives aux contrôles antidopage. Ainsi, elle aurait dû remporter une médaille de bronze à Pékin et une médaille d’or à Londres.

Christine Girard avait terminé 3e à Londres et 4e à Pékin. «Le processus suit son cours. Actuellement, je détiens la 2e place à Londres et la 3e à Pékin. Je suis les nouvelles un peu comme tout le monde, mais ça risque de prendre du temps», a-t-elle confié.