Marquise Brisebois veut aider les Québécois à conquérir le bobsleigh

Publié le 23 janvier 2017

Marquise Brisebois

©TC Media - Robert Côté

(Par Pierre Loiselle) Un Québécois sur le podium en bobsleigh aux Jeux olympiques? Voilà le rêve, qui peut sembler farfelu, que caresse la résidente de Brossard, Marquise Brisebois.

L'athlète multidisciplinaire n'en est pas à un premier défi à relever et dans le cadre de la Journée du sport féminin, soulignée le 24 janvier, elle est la femme toute désignée pour illustrer l'ascension des femmes dans le milieu sportif.

Policière à Montréal et mère d'un jeune garçon, Marquise a toujours été une excellente joueuse de ringuette élite, grâce à la puissance de ses jambes. Quand le phénomène du Red Bull Crashed Ice s'est amené dans la ville de Québec il y a 10 ans, un long processus de sélection a permis d’attirer les meilleurs patineurs canadiens pour y rivaliser avec les meilleurs au monde. Chez les femmes, où il n'y a pas de championnat du monde de cette discipline, le processus avait été plus négligé.

Non recrutée et parfaitement anonyme, Marquise s'est amenée à Québec en 2009 avec ses patins et s'est offerte comme remplaçante aux organisateurs. Deux patineuses inscrites ne s’étant pas présentées, on lui a fait signe. Résultat: une première de trois médailles de bronze, remportées en 2009, 2011 et 2013.

Le bobsleigh à Sotchi

Un autre défi s’est alors formé dans la tête de Marquise: participer à des Jeux olympiques. Elle qui aime foncer sur la glace a opté pour le bobsleigh où, pendant quatre ans, elle s'est entraînée avec les meilleures de la profession à Calgary, dont la pilote Kaillie Humphries, double médaillée d'or en bobsleigh à deux en 2010 et 2014 et nommée athlète de l'année au Canada en 2014.

Marquise a raté son objectif de peu, étant désignée deuxième remplaçante comme freineuse – celle qui pousse derrière – alors que seule la première remplaçante est envoyée aux Olympiques. Mais si le bobsleigh à quatre avait existé, comme c’est le cas chez les hommes, elle aurait eu sa place.

«S'il y avait eu le bob à 4 chez les femmes, je me serais classée comme 2e ou 3e fille au milieu dans le bob. On prévoit du bob à 4 féminin pour bientôt, mais encore une fois, on se demande s'il y aura assez de filles. S'ils ouvrent le bob à 4, il est certain que les filles cogneront à la porte. Mais avec seulement du bob à 2, l'offre est moins stimulante pour les filles».

Famille, sport et fédération

Pas le genre à ressasser le négatif, Marquise a par la suite voyagé, fondé sa famille et repris sa carrière de policière à temps plein, avec de nouveaux défis, soit participer à des compétitions de femmes fortes et lancer la Fédération québécoise de bobsleigh.

Elle a participé à une première compétition de femmes fortes de l'Alliance canadienne des athlètes de force amateur (ACAFA) à Gatineau, une expérience réussie avec plaisir et fierté, allaitant même entre certaines de ses épreuves. En raison de maux de dos et d’un horaire chargé, Marquise a cependant mis ce projet temporairement en veilleuse.

Mais en bobsleigh, elle et l’ex-bobeur Yannic Morin sont allés de l'avant avec la création de la Fédération de bobsleigh skeleton et le lancement d'un centre d'entraînement en août 2016, La Taule, à Waterloo, où les athlètes pratiquent avec un bobsleigh sur roulette et font des poussées sur glace l'hiver.

«Nous avons déjà quatre athlètes compétitifs, dont le joueur de football professionnel Samuel Giguère, raconte Marquise. Samuel était déjà dans le milieu avant l'arrivée de la fédération. Trois filles se sont aussi ajoutées et elles sont déjà de niveau provincial. Nous leur avons fait faire un stage avec l'équipe canadienne pour qu'elles voient les améliorations à apporter pour la suite des choses. Les choses vont bien et nous voulons ajouter des athlètes. Une étape importante sera de former des pilotes en utilisant la piste de Lake Placid dans l'État de New York, à trois heures de Waterloo. Cette piste est beaucoup plus difficile que celles de l'Ouest canadien et quand des Québécois s'y entraîneront, ils devraient être avantagés», raconte celle qui avait dû aller en Ontario pour s'inscrire en bobsleigh canadien tellement ce sport était ignoré au Québec.

Conseil d’une pro

Marquise Brisebois, qui n'en est pas à un défi près, a un conseil pour les filles voulant se valoriser dans les sports.

«Il faut choisir un sport qui nous passionne. Lorsque la passion est là, il n'y a plus d'obstacle qui nous barre la route. Le sport amène tant pour le développement personnel, aussi bien mettre toutes les chances de son côté.»

Rens.: www.bobsleighskeletonquebec.com