Une seconde vie pour les guitares de « Dédé » Fortin

Officiellement introduites dans la collection nationale


Publié le 6 avril 2017

Pour marquer la donation, la Fender Telecaster d’André « Dédé » Fortin a résonné à nouveau sous les doigts du guitariste Joey Robin Hachey, en compagnie de l'ancien batteur des Colocs, Jimmy Bourgouing.

HOMMAGE. Dix-sept ans après la mort du chanteur des Colocs, la famille Fortin se sépare avec émotion de la guitare de feu et de la Fender Telecaster d’André « Dédé » Fortin. Elles sont remises à la collection nationale et ajoutées à la nouvelle mouture de l’exposition Le temps des Québécois du Musée de la Civilisation.

Pour marquer le moment, la guitare Fender Telecaster d’André « Dédé » Fortin a joué à nouveau. Le jeune guitariste Joey Robin Hachey l’a fait résonner devant des proches qui tapaient du pied et soufflaient les paroles.

La dernière fois qu’il a vu la guitare, l’ancien batteur et membre fondateur des Colocs, Jimmy Bourgoing, se rappelle que « c’est Dédé qui l’avait dans le cou ». Avant de s’installer derrière la batterie pour deux chansons, le complice du défunt chanteur raconte qu’il n’a pu s’empêcher de prendre la guitare et la serrer. « C’est pas mon frère André, mais c’est quelqu’un qui m’a marqué à vie. Pour moi, c’était touchant de lui redonner vie ».

Difficile séparation

Le Musée de la Civilisation introduit à la collection nationale les célèbres lunettes d’aviateur de « Dédé » Fortin, deux guitares, une batterie et des trophées Félix, notamment.

Une place spéciale a été réservée à la Fender Telecaster d’André « Dédé » Fortin sur le support encore vide à côté de la « guitare de feu ».

Les premiers efforts du Musée de la civilisation pour faire passer ces objets à l’histoire remontent à plus de cinq ans. « Difficile de se départir de choses marquant son passage : trop d’émotion, alors ça a été long », a simplement justifié le frère d’André Fortin, Réal. « Pour faire la paix avec ses regrets, ça prend du temps », a-t-il repris de la chanson Dehors novembre.

Préserver la mémoire du fondateur des Colocs, qui avait été dispersée à travers la famille, est devenu avec le temps « un devoir » pour Réal Fortin et ses frères et sœurs. On a d’abord accepté de prêter les guitares dans le cadre de précédentes expositions, puis on s’est laissé convaincre de « l’importance de l’œuvre d’André ». Réal Fortin s’est départi de la guitare de feu de « Dédé » : « De toute façon, elle n’est plus bonne. Elle est bonne pour représenter André, dans le fond. » Les objets les plus représentatifs sont aujourd’hui réunis au Musée de la Civilisation. 

Exposition renouvelée

En plus des objets ayant appartenu à André Fortin, le Musée de la Civilisation ajoute une panoplie d’artefacts à son exposition Le temps des Québécois, inaugurée en 2004.

À la demande du public, on a intégré des objets représentant les Filles du Roy et l’esclavagisme en Nouvelle-France. On a aussi inclus des vêtements et costumes de personnages marquants : de « la Poune » en passant par la Bolduc et Bobino et Bobinette.

TC Media