Briser l'isolement des aînés à Pâques


Publié le 16 avril 2017

Les Petits Frères ont pour but de briser l'isolement des personnes âgées sans cercle social.

©(Photo TC Media - Marie-Pascale Fortier)

PÂQUES. L'organisme Les Petits Frères, qui fête cette année ses 30 ans à Québec, a organisé un brunch de Pâques pour permettre aux aînés seuls de passer une belle journée en ce jour de commémoration de la résurrection de Jésus.

La moyenne d'âge de ceux appelés les «Vieux Amis» est de 86 ans. Il s'agit de personnes âgées seules au cercle social inexistant. Les Petits Frères s'engagent auprès d'eux jusqu'en fin de vie pour leur offrir «de la chaleur humaine et le sentiment d'appartenance à une famille», explique le directeur régional de l'organisme, Pascal Fournier.

Les Petits Frères ont pour but de briser l'isolement des personnes âgées sans cercle social.
(Photo TC Media - Marie-Pascale Fortier)

Ce qui saute aux yeux dès qu'on met les pieds dans la salle: les sourires sur les lèvres et l'ambiance familiale qui règne dans la place. «Ils sont tellement contents de venir. Ils nous attendent depuis tellement longtemps chez eux», confie une bénévole. Tous les invités ont revêtus leurs plus beaux habits et les hommes s'étaient parfumés. Pour eux, ce rassemblement est un événement très significatif.

Plus de 130 personnes, Vieux Amis et bénévoles, se sont rassemblés au Club de Golf de Cap-Rouge. Les petites danseuses de l'école de danse traditionnelle les Tourbillons de Beauport ont également offert une performance au grand bonheur des aînés.

Les gens qui ne pouvaient se déplacer en raison de leur état de santé ont reçu hier la visite de bénévoles à la maison, en centre d'hébergement ou à l'hôpital. Certains ont reçu un cadeau, alors que d'autres ont pu partager un bon repas.

Histoire de bénévole

Laurent Bilodeau, 73 ans, est bénévole aux Petits Frères depuis maintenant 16 ans. «Ces personnes-là sont seules, et moi dans la vie, je n'ai jamais été seul. C'est important de leur tenir compagnie et de leur faire savourer la vie. Avant qu'ils partent, il faut les gâter un petit peu», explique-t-il.

Enseignant retraité à l'école Alexander-Wolff, située tout près de la base militaire de Valcartier, M. Bilodeau a pris sa retraite en 2001. Il a alors décidé de partir, sac sur l'épaule, pour faire le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

«Je ne connaissais pas Laurent. Dans le silence de mes 37 jours de marche, j'ai rencontré un homme merveilleux que je ne connaissais pas et que la vie avait bousculé», raconte l'homme. À son retour d'Europe, il sentait qu'il manquait quelque chose à sa vie.  Il s'est souvenu de sa rencontre avec mère Teresa qui lui avait ouvert les yeux sur l'importance d'aider autour de lui. «Il fallait que je m'implique. J'ai rencontré l'ancienne directrice des Petits Frères et j'ai été tout de suite jumelé à une personne âgée pour Noël 2001», se souvient Laurent Bilodeau.

Il se rappelle particulièrement d'une dame dont il a pris soin pendant quelques années, décédée il y a deux ou trois ans. Cette femme avait connu le régime communiste et lui a enseigné l'allemand. «Je lui apportais du vin, de la bière, des gâteaux… je l'ai gâtée comme si elle était ma mère», raconte l'homme qui a alors réalisé que les Vieux Amis peuvent lui apporter autant qu'il peut leur apporter.