La lavande, plante du bonheur

Les agriculteurs de la Côte-de-Beaupré et de l'Île d'Orléans cultivent une grande variété de produits. Certains d'entre eux ont décidé de se lancer dans des cultures que l'on voit plus rarement. L'Autre Voix s'est intéressé à ces productions hors du commun.

Publié le 15 août 2013
On cultive de la lavande depuis 2005 à la Seigneurie de l'Île d'Orléans.
(Photo Jean-Manuel Téotonio)

La lavande possède de nombreuses propriétés bénéfiques pour l'humain: elle est antiseptique, calmante et «ultracicatrisante». Mais c'est surtout pour le bonheur qu'elle lui procure que Nancy Corriveau, propriétaire de la Seigneurie de l'Île d'Orléans, la cultive.

À la suite d'un cours en aromathérapie, Mme Corriveau a fait l'acquisition d'une ferme à Saint-François. C'est son premier fils qui a tout déclenché. Elle se demandait comment elle allait faire pour le guérir et à quel endroit elle l'éduquerait. En élevant son fils dans un milieu en pleine nature tout en cultivant des plantes pour la médecine naturelle, elle a pris les moyens pour répondre à ses questions.

Mme Corriveau a tenté pour la première fois à cultiver la lavande en 2001. «Nous nous sommes plantés. Nous avions mal préparé la terre», se rappelle-t-elle. Le deuxième essai a eu lieu en 2005. «Là, c'était magnifique!»

Il importe de bien labourer la terre pour la culture de la lavande. Il s'agit d'une plante qui déteste les mauvaises herbes. En fait, Mme Corriveau explique qu'elle n'y résiste tout simplement pas. Le plant se fera envahir par ces mauvaises herbes et mourra. Elles doivent donc être systématiquement arrachées. Du paillis est installé à certains endroits à la lavanderaie de la Seigneurie pour empêcher ces indésirables de pousser.

Généreuse

À part les mauvaises herbes, le plant de lavande se cultive plutôt bien. «C'est une plante qui n'est pas du tout maladive», explique Mme Corriveau. La récolte se fait une fois par année à partir de la mi-juillet. Elle dure environ 10 jours puisque le travail se fait à la main. «C'est pour être certain qu'il n'y a pas de mauvaises herbes qui seront récoltées à travers la lavande. Et si on la fait à la machine, il peut y avoir un risque qu'il tombe du diesel sur la plante. On ne veut rien de ça», indique la propriétaire.

Cette récolte à la main est la raison pour laquelle on ne retrouvera pas davantage de plants de lavande à cet endroit. «Pour avoir de la qualité, il faut être réaliste», indique Mme Corriveau, en faisant allusion à la charge de travail que représente la récolte.

Lavande québécoise

L'hiver au Québec procure à la lavande d'ici une odeur et des propriétés différentes que celle cultivée en France par exemple. La lavande québécoise a un parfum plus doux et aide à guérir les maladies d'hiver. Pour se protéger de l'hiver, elle produit une molécule d'alcool qui a non seulement des propriétés expectorantes au niveau pulmonaire, mais lui confère également un parfum plus doux que sa cousine de France.

Que ce soit à des fins thérapeutiques ou de soins pour le corps, les produits à base de lavande sont nombreux. Mais le simple fait de se retrouver dans un champ de lavande a des effets positifs, selon Mme Corriveau. «La lavande appartient au bonheur éternel. La couleur et l'odeur d'un champ de lavande nous transportent dans un état de bien-être.»