Je n`ai pas oublié

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Tant de jours ont passé comme des feuilles mortes et la neige, après, encore la neige. Depuis l’innocence de la jeunesse, je me rappelle cette rue près d’un parc, pas très loin d’une école garnie de jours où le temps semble être ce vieillard trop lent pour que je devienne grand. Maintenant que mes pas ralentissent en vieillissant, ce même temps semble plus jeune dans sa course folle à n’en finir de me tenir la main.

 

Je n’ai pas oublié les oiseaux de mer revenir quand le manteau blanc au sol est parti sous les feuilles mortes de l’automne, d’avant, invitant mon cœur à battre au rythme des vagues dans ma maison faite de bois trempé suivant la marée tout l’été.

 

Je n’ai pas oublié tous ces jours comme ces chandelles sur le gâteau que je ne peux plus compter pour ne pas être à bout de souffle à vouloir les souffler. Tellement de défis relevés que je n’ai pas oublié comme le premier baiser, le cordon coupé du premier jour de ma petite fille. Il y a eu ses peines de mon cœur d’enfant jusqu’à celles il y a pas si longtemps de ma quête pour ce rêve de sagesse. Je n’ai pas oublié ce que j’ai appris afin de rester humble de tout ce qui m’échappe encore de mes questions sans réponses. 

 

Il y a dans ma tête tous ces gens marchant près de moi ou venant pour me libérer de mes faiblesses. Je vois les images de tous ces paysages comme ce papillon défiant le barbelé et le vent. Et que dire des couchers de soleil même si je le suis dans ce voyage vers l’ouest où la nuit n’a pas éteint la lumière en moi. Je sais maintenant que le temps peut tuer l`amour de ces âmes aimantes. J`ai entendu ces cris en moi dans la plus grande des solitudes : ne me quitte pas. Puis, la douleur devient cette cicatrice en cette mélancolie qu`une chanson nous rappelle. Comme également ce souvenir de pur bonheur rempli de tendresse pour mon cœur qui a réussi à faire couler ces larmes dans le lit des rides de mon visage.

 

Je n’ai pas oublié tous vos sourires, les rues de toutes ces villes, la baleine blanche et la neige tombant encore dans ce pays trop près du Nord, mais que nous sommes contents de revoir. Je sais maintenant que le chemin le plus facile ne mérite pas le paysage tout en haut de la montagne de mes efforts pour comprendre cette grande satisfaction en moi. Le plus grand des voyages est en nous. Je me souviens de ce que je ne peux oublier et même ce que je ne veux pas me rappeler. C`est mieux ainsi, car ce sont sûrement les moments de mes plus grandes envolées pour mieux voir.

 

Devant moi se trouvera un jour la route des étoiles me transportant très loin défiant mes souvenirs pouvant devenir qu’une ombre lointaine. Oh! Douce mémoire ne me quitte pas. Je suis tous ces souvenirs comme un vase rempli qui ne doit pas être jeté dans ce trou noir de l’oubli, car je ne serai plus qu’un navire échoué sans toute cette eau de vie.

 

Alors je ne dois pas oublier pour ne pas être cette épave sans nom dans la brume du grand départ.

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