Le CPQ apprécie le budget Flaherty.
Le patronat y voit un stimuli pour la croissance économique
Même s’il ne contient rien de spectaculaire mises à part les mesures proposées pour régler le «déséquilibre fiscal», le budget fédéral contient une foule de mesures concrètes qui répondent à plusieurs demandes des entreprises et qui, rassemblées, auront un effet stimulant sur l’investissement et la création de richesse, selon la première vice-présidente et économiste en chef du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Diane Bellemare.
Afin de stimuler l’investissement privé, le CPQ, à l’instar d’un récent rapport du Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie, réclamait une amélioration importante des dispositions concernant l’amortissement accéléré des équipements et de la machinerie. Le ministre des Finances propose une mesure qui permettra d’amortir ces investissements sur une période de deux ans en moyenne, donnant suite ainsi à cette recommandation. De plus, le taux de déduction pour amortissement s’appliquant aux bâtiments servant aux activités de fabrication et de transformation passera de 4 % à 10 %.
L’incitatif financier mis en place afin d’encourager les provinces à éliminer leur taxe sur le capital d’ici le 1er janvier 2011 est également bien accueilli. Le CPQ espère fortement que le prochain gouvernement du Québec se prévaudra de cet incitatif financier et adoptera en conséquence un plan d’élimination complète de cette taxe pour 2011, ce qui devancerait même le plan proposé récemment.
Pour le Conseil du patronat, «plusieurs mesures auront des effets positifs sur la création de nouvelles entreprises, ce qui est très bon pour le Québec dont la performance entrepreneuriale se compare désavantageusement avec le reste du Canada. À cet égard, mentionnons la volonté d’alléger le fardeau administratif et la paperasserie pour la petite entreprise et, surtout, la hausse de l’exonération cumulative des gains en capital, la première hausse depuis 1988.»
Formation et pénurie de main-d’œuvre
Dans le contexte du vieillissement de la main-d’œuvre, problème particulièrement aigu au Québec, le CPQ réclame depuis longtemps des mesures visant à répondre aux pénuries croissantes de main-d’œuvre qui en découlent.
Premièrement, en ce qui a trait à la retraite progressive, le CPQ voit d'un bon oeil que le gouvernement fédéral modifiera la Loi sur l’impôt, permettant ainsi au gouvernement du Québec de pouvoir donner suite aux recommandations répétées du CPQ et des autres partenaires du marché du travail afin de rendre plus alléchante pour les travailleurs de 60 ans et plus la retraite progressive plutôt que la retraite anticipée. Dans la même veine, le CPQ salue la hausse de l’âge auquel les régimes de pension agréés (RPA) et les régimes enregistrés d’épargne retraite (REER) arrivent à maturité.
Deuxièmement, ce budget prévoit qu’à compter de 2008-2009, des montants de 500 M$ par année, en sus de ceux actuellement investis par l’entremise des programmes d’assurance-emploi, permettront d’élaborer avec les provinces une nouvelle stratégie en matière de formation liée au marché du travail. Cette nouvelle stratégie vise notamment la formation en emploi des travailleurs âgés, contribuant ainsi à atténuer les pénuries de main-d’œuvre.
Troisièmement, l’annonce d’une prestation fiscale pour le revenu gagné; cette mesure renforce les incitations au travail des travailleurs à faible revenu et des assistés sociaux.
Dette et impôt des particuliers
Le CPQ félicite par ailleurs le gouvernement fédéral de garder le cap en matière de remboursement de la dette, qui devrait être réduite de 9,2 G$ en 2006-2007 et qui, si le gouvernement maintien le cap jusque là, ne représentera que 25 % du PIB en 2012-2013. De plus, l’utilisation des sommes économisées en frais d’intérêt sur la dette pour alléger l’impôt sur le revenu des particuliers, s’avère un bon moyen de réduire le fardeau fiscal des Canadiens.
Un bémol: le contrôle des dépenses
De l'avis du CPQ, «les chiffres présentés ne laissent par présager d’accélération des dépenses à long terme, même si la croissance est de 6,6 % pour 2007-2008 alors que l’économie ne devrait croître que de 3,9 % en 2007 et 5 % en 2008.» Le Conseil du patronat estime toutefois que le gouvernement devra demeurer vigilant à l’égard de la croissance des dépenses de programmes.