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L'abolition des Commissions scolaires, une incohérence

Article mis en ligne le 20 mars 2007 à 13:09
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L'abolition des Commissions scolaires, une incohérence
La position du parti de l’Action démocratique du Québec consistant à abolir les commissions scolaires est absurde et périlleuse. Comment un parti qui porte le nom «d’action démocratique» peut-il promouvoir la suppression d’un palier de démocratie entièrement dédié à l’éducation? Cette proposition est d’autant étonnante qu’elle émane d’un parti qui dit valoriser les régions. Or, les commissions scolaires s’avèrent des moteurs du développement économique régional. Non seulement constituent-elles des employeurs importants, mais elles permettent aussi aux citoyens d’exprimer les préoccupations propres à leur milieu auprès d’une instance démocratique locale. La position de l’ADQ nous apparaît donc incohérente et dépourvue d’analyse.

Les commissions scolaires dispensent des services essentiels à toutes les écoles réparties sur leur territoire et ce, de façon équitable en fonction des besoins exprimés. Elles offrent l’accès à des ressources spécialisées de grande qualité et adaptées au milieu.

La Commission scolaire de la Capitale met à la disposition de ses 28 000 élèves répartis dans l’un ou l’autre de ses 70 établissements d’enseignement des ressources professionnelles de haut niveau: psychologues, orthophonistes, psychoéducateurs, techniciens spécialisés, conseillers pédagogiques, conseillers d’orientation, etc. Les services éducatifs de la commission scolaire offrent formation et soutien aux enseignants afin de favoriser la réussite de tous les élèves. Ils assistent les directions d’établissements sur plusieurs questions, notamment lors des plans d’intervention auprès des élèves, l’analyse des besoins des élèves handicapés et en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, l’organisation scolaire, etc. La Commission scolaire offre aussi un support à la pédagogie des milieux défavorisés afin de répondre à la réalité de plusieurs écoles de son territoire. Quant aux services de la formation professionnelle et de l’éducation des adultes, ils jouent un rôle important dans le développement régional, notamment par l’entremise de leurs services aux entreprises.

En ce qui concerne les ressources humaines, la Commission scolaire de la Capitale met à la disposition des directions d’écoles un programme de mentorat pour les nouveaux enseignants, des programmes de perfectionnement pour tous les employés, la négociation et l’application des conventions collectives, le recrutement, la gestion de la paie, des assurances collectives et des fonds de pension, etc. La Commission scolaire de la Capitale s’occupe des travaux d’entretien et de construction des bâtiments et des cours d’écoles, de la sécurité des bâtiments, des demandes de subventions, des appels d’offres, etc. Elle coordonne le transport scolaire, incluant le transport adapté pour les élèves handicapés, et gère un réseau informatique comptant 7 000 ordinateurs.

Si les commissions scolaires n’étaient pas là pour offrir ces services, les écoles seraient obligées d’embaucher du personnel spécialisé pour les soutenir. Est-ce que la petite école pourrait défrayer les coûts de tels services? Il semble évident que les écoles en milieux défavorisés seraient désavantagées.

La position du parti de l’Action démocratique du Québec ne nous apparaît pas fondée sur une analyse sérieuse. Non seulement nous semble-t-elle irréaliste en ce qui concerne le maintien de la qualité des services offerts dans les écoles, mais nous croyons aussi qu’elle relève de l’utopie pour ce qui est des économies réalisées. En effet, les activités administratives représentent seulement 4% du budget de la Commission scolaire de la Capitale, ce qui démontre bien l’efficacité et la rigueur de notre organisation. Quels seraient les coûts d’un transfert de certains services au secteur municipal?

Nous invitons donc le parti de l’Action démocratique du Québec à analyser en profondeur le système scolaire québécois avant de réclamer l’abolition des commissions scolaires. Nous croyons que celle-ci ne contribuerait en rien à une plus grande réussite scolaire des élèves qui, à notre sens, doit demeurer notre priorité première.
Murielle Gingras, présidente de la Commission scolaire de la Capitale

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