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L’échec du cœur

Article mis en ligne le 18 mars 2007 à 9:48
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L’échec du cœur
Chaque fois que la droite fait une percée dans

l’histoire de l’humanité, nous devenons des êtres un

peu moins sociables et donc un peu plus loin de notre

nature, de la nature. Les bottes qui marchent au pas

cadencé au nom de la raison ne se soucient guère des

fleurs qu’elles écrasent sur leur passage.

La montée de l’extrême droite chez un peuple

s’effectue toujours sous deux conditions préalables,

l’échec de l’éducation et un bouc émissaire. En ce qui

concerne le décrochage scolaire, les chiffres parlent

d’eux-mêmes. En tant qu’enseignant en psychologie de

formation, cela m’interpelle et me blesse au plus

profond de mon âme. En ce qui a trait au bouc

émissaire, la discussion sur les accommodements

raisonnables suivie d’un sondage sur le racisme chez

les Québécois juste avant le déclenchement des

élections ne pouvait pas fournir terrain plus fertile

à la radicalisation des esprits qui, ainsi échauffés,

s’enflamment aisément sous les perfides discours

politiques. Un étendard, un visage, un discours, le

one man show de l’ADQ entre en piste et la foule le

salue. Il n’y manque qu’un seul ingrédient,

l’homophobie, pour canaliser les troupes et les

conforter dans ses positions.

À l’époque où l’Allemagne a connu sa plus grande

tragédie, tous les observateurs se sont posé la même

question: où donc était Freud et sa psychanalyse des

masses? Pourquoi n’a-t-il rien dit? Peut-être parce

que dans l’arène on ne peut arrêter un taureau en

pleine course même si elle le conduit droit à sa mort.

Nous ne sommes cependant pas des bêtes que l’on mène à

l’abattoir. Nous avons le choix de freiner cette

course folle et de dire ça suffit, le spectacle est

terminé! Je suis celui qui détient mon avenir et

celui de mes enfants entre mes mains. C’est moi seul

qui décide, et non pas les clips ou les panneaux d’un

seul homme, d’une seule pensée, d’un seul extrême.
Philippe Riboty, enseignant en psychologie, auteur de la trilogie «Le Sanglot des anges» et résident de Saint-Rédempteur

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