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Mario Dumont et Gilles Taillon rament à contre-courant

Article mis en ligne le 7 mars 2007 à 9:40
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Mario Dumont et Gilles Taillon rament à contre-courant
Mario Dumont et son candidat et président de l’ADQ, Gilles Taillon, ne vont nulle part avec leur proposition «choc» d’abolir les commissions scolaires. Sur toutes les tribunes, les principaux intervenants du monde de l’éducation et du monde municipal rejettent cette prise de position qui n’a manifestement fait l’objet d’aucune étude sérieuse et qui frappe un mur d’opposition.

Avez-vous remarqué qu’aucune municipalité ne s’est prononcée en faveur du transfert des écoles aux municipalités depuis que cette idée a été lancée sur la place publique ? La raison est bien simple, il n’y aurait pas de valeur ajoutée. Il s’agirait d’un transfert bidon!

Qu’on nous donne les preuves que les municipalités pourront gérer le dossier scolaire au niveau local, à meilleur coût que les commissions scolaires. Celles-ci consacrent seulement 5 % de leurs dépenses à l’administration. Pour chaque dollar dépensé, 0,95 $ sont dévolus aux services à l’élève et aux établissements. Pensez-vous sérieusement que les municipalités peuvent faire mieux avec leurs conventions collectives chromées et leurs salaires élevés ? Si jamais on ajoutait aux municipalités en plus, la gestion des écoles et du transport scolaire, ce serait le «bordel» le plus complet.

Je ne connais pas un parent qui voudra se présenter à une réunion du Conseil municipal pour lui demander d’augmenter les budgets consacrés aux élèves en difficulté d’adaptation, au détriment de la réfection des routes ou de la réparation des égouts ou d’un ajout à la bibliothèque municipale. C’est complètement insensé de placer les parents et les élèves dans une telle situation.

Un gouvernement élu au suffrage universel, à l’écoute de son milieu et complètement dévoué à l’éducation des jeunes et des adultes sur son territoire est un élément important de la réalité scolaire qui apporte une contribution cruciale à la qualité des services éducatifs et communautaires offerts à la population.

La démocratie scolaire se traduit par la participation active de milliers de parents, de citoyens qui sont élus par leurs pairs et qui siègent au sein de nos conseils d’établissement, de nos comités de parents et de nombreux autres comités. Il s’agit d’au-delà de 15 000 personnes qui participent activement à la démocratie scolaire. La démocratie scolaire est unique et nous devons en être fiers.

L’exemple du Nouveau-Brunswick devrait servir de leçon à l’ADQ et à son président, Gilles Taillon. Après avoir aboli les commissions scolaires en 1996, le gouvernement de Bernard Lord a recréé, à la demande des parents et de la population, 14 conseils d’éducation de district ayant le pouvoir de décision local et formés de représentants élus au suffrage universel. La population a réclamé, dans le cadre de larges audiences publiques, de pouvoir s’exprimer auprès d’élus locaux sur les questions qui les concernent de près, comme l’éducation de leurs enfants.

Mario Dumont et Gilles Taillon rament à contre-courant. Loin d’abolir les commissions scolaires, il faudrait faire preuve de créativité et proposer des mesures pour renforcer la démocratie scolaire et lui donner les moyens de s’exprimer avec plus de force au niveau local.
Claude Gélinas, président du Conseil des commissaires à la Commission scolaire des Découvreurs

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