Les vélos ont presque ravi la place de l'automobile en Suède, comme en témoigne cette photo d'un stationnement nouveau genre...
Vivre à vélo
La Suède, avec ses forêts, ses lacs et son petit neuf millions d’habitants sur une superficie de 450 000 km2, est reconnue pour être un pays «environnementaliste». Toutefois, ici, l’adjectif n’est pas forcé et prend tout son sens... au quotidien.
Ici, le recyclage prend tout son sens, et ce n’est pas un bac qu’on trouve dans les maisons ou les résidences étudiantes, mais bien entre quatre et douze! Tout se recycle: le carton ciré comme le papier journal, le styromousse autant que le verre, le métal ou la céramique. Un des magasins les plus populaires auprès des étudiants est la boutique de seconde main. Le fait que le «Eriksjälpen Second Hand» soit un meilleur repère à étudiants que le cinéma ou le H&M en dit long sur les habitudes de consommation dans une ville universitaire comme celle de Lund.
Toutefois, un autre phénomène s’avère encore plus éloquent lorsqu’on considère le respect de l’environnement. Alors qu’à Québec les étudiants se rendant à leurs cours en voiture sont de plus en plus nombreux, à Lund, c’est à vélo que l’on circule! Lund compte 102 000 habitants et encore plus de vélos. La tendance ne s’arrête pas aux quelque 35 000 étudiants, mais s’étend à la population en général. Il n’est ainsi pas rare de voir des personnes âgées se promener sur deux roues, les provisions de la semaine bien en place dans un panier accroché à l’arrière. De même, il est parfois intéressant d’observer les étudiantes en mini-jupe se rendant dans une «Nation» pour prendre un verre entre amis essayer de tenir ladite jupe d’une main et le guidon de l’autre. Les hommes d’affaires en habit et les enfants d’âge préscolaire ne font d’ailleurs pas exception à la règle.
Lund n’est qu’un exemple de cette tendance. Malmö, troisième ville en importance au pays, de même que la capitale, Stockholm, profitent également de l’envahissement de ce moyen de transport vert au détriment des voitures. Stockholm a d’ailleurs imposé cette année un péage sur les ponts reliant les quatorze îles de l’archipel, une mesure de plus en plus imitée dans les grandes villes et capitales européennes. La crainte a plané un temps que le nouveau gouvernement conservateur mettrait un terme à l’initiative, mais le virage vert est très appuyé par la population, ce qui a joué en faveur du péage.
Qu’est-ce qui permet un tel engouement pour le vélo à Lund et dans le reste de la Suède? Outre une conscience environnementale certaine, autant chez les élus que dans la population, la présence des infrastructures nécessaires représente un atout majeur. Des pistes cyclables très bien entretenues longent la plupart des axes de circulation, permettant de se déplacer à vélo même au cœur de l’hiver. Le tracé des pistes cyclables exploite au maximum les aires boisées de la ville de Lund, faisant du trajet pour se rendre à l’université un pur plaisir. De plus, la situation au centre-ville étant difficile pour les voitures à cause des (trop) nombreux sens uniques et passages réservés aux autobus, le vélo permet de gagner du temps et de s’épargner les nerfs.