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Pétition pour reconnaître les handicaps causés par les toxines dans l’environnement

Article mis en ligne le 24 novembre 2006 à 12:10
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Pétition pour reconnaître les handicaps causés par les toxines dans l’environnement
Une pétition a été déposée le jeudi 23 novembre à l’Assemblée Nationale du Québec, par Yolande James, députée du comté de Nelligan. Cette pétition, une initiative de l’Association pour la santé environnementale, les hypersensibilités et les allergies du Québec (AEHAQ) demande que les personnes handicapées par une exposition à des toxines dans l’environnement soient reconnues comme telles et qu’une assistance adéquate et immédiate leur soit accordée.
La pétition se lit comme suit: «Nous soussignés, résidants québécois et québécoises, demandons au gouvernement du Québec: Accepter officiellement et reconnaître l’handicap causé par les maladies environnementales, la sensibilité multiple aux produits chimiques, la fatigue chronique et le syndrome de fibromyalgie; Établir des centres de recherche, d’éducation, de diagnostique, de traitement, et de détection de toxines dans le corps humain; Créer des espaces sécuritaires (sans produits toxiques) pour recevoir ces personnes en milieu hospitalier; Assurer des soins à domicile; Réserver des lieux de travail sécuritaires pour les personnes atteintes de ces maladies et des logements abordables, de même que de l’hébergement d’urgence; Offrir de l’aide aux personnes affectées par les produits chimiques à travers le Québec. De plus, afin de prévenir d’autres problèmes de santé causés par les produits chimiques et protéger les dommages au système immunitaire de tous les québécois et québécoises, le principe de précaution doit être appliqué et incorporé à toutes les lois passées, présentes et futures.»

Depuis sa création en 2004, l’Association pour la santé environnementale, les hypersensibilités et les allergies du Québec (AEHAQ) a reçu de nombreuses demandes d’aide de personnes qui souffrent de maladies environnementales et de sensibilité multiple aux produits chimiques à travers le Québec. Plusieurs membres souffrent aussi de fatigue chronique et de fibromyalgie. Pour l’instant, il n’y a pas de centre de traitement adéquat au Québec pour ces personnes qui souffrent d’hypersensibilités. Ceux qui peuvent se le permettre, voyagent jusqu’en Ontario pour se faire soigner. Pour ceux qui n’ont pas les moyens, il n’y a aucune aide.
Fragilité reconnue
Des études démontrent que certaines personnes ne possèdent pas les enzymes qui métabolisent les produits chimiques, ce qui les rend plus susceptibles aux effets d’une exposition à des doses relativement faibles de produits toxiques. Il devient également évident que l’exposition à des composés organiques volatiles (COV) peut accroître la libération des médiateurs biochimiques qui influencent les réactions d’hypersensibilité.
D’après Statistiques Canada (2005), environ 2,2% des canadiens sont atteints de sensibilité multiple aux produits chimiques, diagnostic médical à l’appui. Ce chiffre, extrapolé à la population québécoise, implique qu’environ 165,000 personnes auraient besoin d’aide chez nous et plusieurs de façon urgente. Des sondages effectués aux EU estiment qu’entre 4 et 13% de la population souffre de sensibilités, modérées à graves et qu’entre 11 et 33% présentent une sensibilité accrue à des produits chimiques présents dans l’environnement. L’AEHAQ est très préoccupée par le nombre croissant de personnes qui deviennent malades suite à l’exposition à des produits chimiques, car des milliers de produits chimiques sont présents dans notre environnement et la plupart d’entre eux n’ont pas subi les tests les plus élémentaires quant à leur impact sur la santé.

L’hypersensibilité environnementale peut se développer après une seule exposition massive, mais souvent cela survient graduellement suite à une exposition chronique à de petites doses de substances chimiques que l’on retrouve dans des produits de soins personnels ou nettoyants, des pesticides, des tapis neufs, des panneaux de particules, des parfums, des publications et d’autres irritants comme les moisissures.

L’hypersensibilité environnementale conduit souvent à des handicaps car la personne qui en souffre ne peut plus tolérer de petites doses de produits chimiques et autres polluants environnementaux qui sont présents dans la maison et au travail. L’hypersensibilité affecte plusieurs systèmes dans le corps humain, de sorte que les symptômes sont très variés et nombreux: maux de tête, problèmes respiratoires, irritation des yeux, nausées, étourdissements, difficultés de concentration, douleurs musculaires et même des pertes de conscience.



Si le diagnostic est fait rapidement, il est possible de se rétablir. Cependant, pour aller mieux, le patient ne doit plus être en contact avec les produits qui le rendent malade. Sans cela, l’hypersensibilité évoluera en handicap chronique et débilitant. D’après l’expérience bien documentée de la Société canadienne d’hypothèque et de logement et de plusieurs médecins canadiens spécialisés dans ce domaine, le premier pas essentiel pour retrouver la santé est de réduire ou éliminer les sources de l’intoxication chimique ou environnementale.
Besoins spécifiques
Comme avec d’autres handicaps, les personnes atteintes d’hypersensibilité, dont l’hypersensibilité électromagnétique, ont des besoins spéciaux, incluant de façon non limitative: de l’hébergement dans un environnement sain qui permettra à leur corps de se rétablir; des produits sains pour l’environnement et la santé à un coût abordable; un réseau de soutien solide; des lieux de rencontre convenables à leur état de santé; des traitements remboursés par le système de santé public; des hôpitaux, écoles et autres endroits publics sécuritaires, sans produits irritants et un lieu de travail sain. Comme tous les canadiens, ils devraient avoir librement accès à des traitements adéquats ce qui inclut l’accès à un lieu de travail et à des services publics adaptés à leurs besoins. L’hypersensibilité environnementale a été reconnue comme un handicap par la commission canadienne des droits de l’homme et par plusieurs commissions provinciales semblables.
Un des problèmes le plus courrant pour nos membres Québécois est la succession de tragédies qui suit un diagnostic inadéquat et inévitablement le manque de traitements appropriés. Par exemple, un lieu de travail malsain et un diagnostic erroné conduit à des problèmes de santé croissants et à la perte d’emploi. Il en résulte que des personnes autrefois actives et qui contribuaient à la société, se retrouvent soudainement aux prises avec une maladie débilitante et aucune aide ou recours pour gérer cet handicap. Un sondage parmi nos membres montre que la plupart d’entre eux savent quand et comment ils sont devenus malades et la plupart attribuent leur maladie à une exposition à des produits chimiques, à des pesticides ou à un irritant à leur lieu de travail.
À propos de l'AEHAQ
L’Association pour la santé environnementale, les hypersensibilités et les allergies du Québec (AEHAQ) a été fondée en octobre 2004 par des personnes dont la santé a été affectée par des polluants de l’environnement. L’AEHAQ est un organisme à but non lucratif qui se consacre à promouvoir la sensibilisation sur les problèmes qui entourent l’hypersensibilité environnementale, en offrant du support et de l’information, en aidant les gens qui sont devenus handicapés par des produits toxiques ou autres contaminants dans l’environnement. Par le biais de l’éducation et de la prévention, l’AEHAQ espère réduire la croissance constante de cas de blessures résultant d’une substance chimique. La prévention implique l’utilisation de produits non toxique et l’adoption de mesures écologiques respectueuses de l’environnement et de la santé des individus. C’est pourquoi nous demandons urgemment au gouvernement du Québec de prendre soin de façon responsable et adéquate de ses citoyens qui ont été handicapés par leur environnement.
L’AEHAQ continue de sensibiliser les communautés, les corporations, les gouvernements, les institutions scolaires, en travaillant avec des médecins, des scientifiques et des groupes intéressés à travers le Canada et en créant des liens avec des organismes similaires à travers l’Amérique du Nord et outre-mer.

* (Source: AEHAQ)

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