Serge Lama tout un artiste
Deux très grands noms de la chanson francophone ont foulé les planches de nos scènes récemment, Serge Lama et Diane Dufresne, le premier ayant beaucoup d’admiration pour notre diva. Il faut avoir vu Lama une fois dans sa vie, si on ne veut pas passer a côté de quelque chose. Que de métier et de talent! Passer en quelques secondes du cabotinage débridé de mon dada c’est la danseuse, a la tragédie la plus poignante de l’enfant au piano. Incroyable.
L’interprétation qu’il fait de devenir vieux vaut a elle seule le prix du billet. Son investissement sur la scène est total. Pres de deux heures de spectacle sans entracte ,énergiques et même physiques. A deux, le chanteur et l’accompagnateur-virtuose, Sergio Tomassi a l’accordéon, malgré une mise en scène minimaliste mais évocatrice, ils meublent la grande scène du Capitole. J’avais vu le même spectacle il y a deux ans, au cabaret du Capitole, salle plus appropriée pour une prestation aussi intimiste, mais on y perd peu au change dans une plus grande salle.
Il est intemporel, il défie les modes, il ose être français et démodé en choisissant le piano du pauvre: l’accordéon. Trois ans de tournée et il n’est pas sur le pilote automatique. Il chante comme la premiere fois avec toute la spontanéité et comme la derniere avec toute l’intensité possible. On l’admire pour son talent, on l’aime pour sa générosité. Il possède la voix, la plume, l’humour coquin et le charme; il incarne la tradition de la chanson française.
Apres la représentation, je lui dis avoir vu il y a deux ans le spectacle, inquiet il me demande si j’ai aimé. Le doute et l’humilité, voila ce qui fait les grands «Artistes».
Pierre J. Boucher, résidant de Québec