Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Finances publiques: impasse totale à Québec

par
Voir tous les articles de
Article mis en ligne le 10 novembre 2006 à 10:05
Soyez le premier à commenter cet article
Finances publiques: impasse totale à Québec
La stratégie n'est pas nouvelle; elle fonctionne à chaque fois. À la veille de déposer son budget, le gestionnaire des fonds public annonce les pires scénarios. Au soir du dépôt, chaussé de neuf, le ministre des Finances affiche un air triomphaliste parce qu'il a réussi l'exploit de ramener son scénario apocalyptique à une dimension plus acceptable pour le bon peuple qui devra tout de même fouiller encore plus dans le fond de sa poche et voir certains sacro-saints services amputés. D'autres, autrefois dispensés gratuitement, seront dorénavant frappés d'une tarification qui, au fond, n'est qu'une taxe déguisée.
Les péquistes ont maintes fois usé de cette stratégie. Yves Séguin a lui aussi emboîté le pas tout comme les fédéraux. Voilà qu'aujourd'hui à Québec, la mairesse Boucher entre dans la danse. Profitant de son vent de popularité, elle met en garde les citoyens: «augmentation de taxes de 3% ou diminution de services». Ann Bourget rétorque: «un instant»! L'affaire devrait se régler, après bien des envolées oratoires et une multitude d'effets de toges, autour de 1,5% avec quelques services revus à la baisse. Et, le bon peuple rentrera dans sa chaumière se chauffer les pieds sur la bavette du poêle, repu d'un autre débat politique dont la fin était bien prévisible, convaincu qu'il vient de gagner le meilleur des deux mondes.
Engagement électoral
On devra toutefois se souvenir que Mme Boucher a été élue à la mairie de Québec sans véritable programme électoral et sans équipe. Pas de promesse, sinon l'engagement de faire le ménage dans les finances municipales et dans la fonction publique. L'an dernier, elle a déposé un budget qui était l'apanage de l'administration précédente. Cette fois, le budget sera le sien. Celui sur lequel elle planche depuis plusieurs semaines à l'Hôtel de ville, à son bureau de Sainte-Foy et même à sa résidence de la Huronnie. La mairesse est à la croisée des chemins et les récents sondages lui accordent la faveur publique. Elle se retrouve face à une obligation de résultat.
Si elle livre un budget assorti de hausses de taxes et de coupures de services, elle aura raté une opportunité rare d'imposer son empreinte sur l'administration de la capitale. Ceux qui ont invoqué le désir de changement pour voter en sa faveur, pourraient être tentés de prendre leurs distances. Au conseil, où elle est isolée face à une opposition bien structurée, elle risque de trouver le temps long. La pasionaria va devoir sortir ses griffes et certains fantômes des épisodes de son règne sur Sainte-Foy pourraient bien migrer aux alentours de la Côte-de-la-Fabrique et de la rue Desjardins.

Faire porter le poids de la situation financière difficile de la Ville de Québec sur l'administration L'Allier et sur les mirages qui accompagnaient le projet de fusion municipale est un fait. Mais voilà une réalité que Mme Boucher connaissait bien. En vertu de sa grande expérience de la chose municipale, elle ne peut plaider l'ignorance. C'est en pleine connaissance de cause qu'elle a brigué les suffrages.

L'impasse dans lequel elle est plongée est cruelle car il n'y a pas de véritable recette. Depuis les années 1970, tous nos gouvernements ont nagé allégrement dans le concept de l'«état providence». Profitant du contexte économique éclaté par la Révolution tranquille qui suivait les tristes années de la Grande noirceur, nos gouvernants ont inventé un modèle qui ne convient plus. Les syndicats ont largement profité de ce contexte favorable pour faire du Québec, l'état le plus syndiqué en Amérique. Rien n'était trop beau pour s'offrir collectivement un niveau de vie supérieur assorti d'acquis syndicaux qui sont devenus immuables.
Grands défis
La situation est désastreuse. Notre société est confrontée au vieillissement incontournable de la population qui fait que d'ici cinq ans seulement, le nombre de payeurs de taxes aura substantiellement diminué et les coûts sociaux pour entretenir ces populations iront en croissant. Déjà que plus de 50% de la population ne paie pas d'impôts. Moins de revenus, plus de services.
Le vrai défi de la mairesse et des élus, est de réinventer le modèle. Revoir la fiscalité de manière à attirer et à retenir les nouvelles compétences qui seront à même de générer de la richesse. Le vrai défi de notre société, c'est aussi de créer un nouveau mode d'administration publique conforme à la profonde mutation sociale que nous traversons et abolir les paradigmes qui sont devenus paralysants. L'atteinte de ces objectifs fondamentaux requiert du leadership et une vision qui aillent au-delà de l'installation de postes de péages à l'entrée des villes. Question leadership, Mme Boucher n'a sûrement plus à en faire la démonstration. Question vision, la preuve reste à faire.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins

  • Beauport Express - Beauport, Québec
  • Québec Express - Ville de Québec, Québec
  • L'Appel - Sainte-Foy, Sillery, Laurentien, Saint-Augustin, L'Ancienne-Lorette

La question du net

  • «Participerez-vous aux activités entourant la présentation à Québec de la finale de la Coupe Vanier?»
  • Oui
  • Non