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Le pichet avec filtre réduit la quantité de produits chimiques dans l’eau

Article mis en ligne le 4 novembre 2006 à 10:05
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Le pichet avec filtre réduit la quantité de produits chimiques dans l’eau
Une étude scientifique tend à démontrer l'efficacité des pichets à filtre au charbon.
Le pichet avec filtre réduit la quantité de produits chimiques dans l’eau
Une étude menée par une équipe de chercheurs de l’Université Laval conclut que le pichet avec filtre au charbon activé est la méthode maison la plus efficace pour débarrasser l’eau du robinet des sous-produits de désinfection. Les résultats de cette étude, financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ont été publiés dans un récent numéro de la revue scientifique Water Research.
Les chercheurs Steven Lévesque, Christine Beaulieu, Jean Sérodes et Manuel Rodriguez, du Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD) de l’Université Laval, et François Proulx, du Service de l’environnement de la Ville de Québec, ont mesuré les concentrations des deux principales classes de sous-produits de désinfection – les trihalométhanes (THM) et les acides haloacétiques (AHA) – dans des échantillons d’eau du robinet soumis à divers traitements maison.

Ces sous-produits proviennent de réactions chimiques entre le chlore utilisé pour désinfecter l’eau brute et la matière organique naturellement présente dans l'eau. «Ils n'affectent pas l'odeur ou la saveur de l'eau, mais en concentrations élevées on les soupçonne d’augmenter les risques de certains cancers», souligne Manuel Rodriguez.
Échantillonnage
Les chercheurs ont soumis des échantillons d’eau prélevés dans des résidences à trois traitements couramment utilisés pour en améliorer le goût, l’odeur ou l’apparence: l’entreposage au réfrigérateur, l’entreposage au réfrigérateur après ébullition et l’entreposage au réfrigérateur dans un pichet muni d’un filtre au charbon activé.
Leurs analyses ont révélé que, après un entreposage de 48 heures au froid, ces traitements enlevaient respectivement 30 %, 87 % et 92 % des THM. Les résultats sont toutefois moins probants pour les AHA, des composés moins volatils. En effet, l’entreposage direct et l’entreposage après ébullition n’ont eu aucun effet sur les AHA. Par contre, le pichet avec filtre au charbon activé a réduit leur concentration de 66 %.

Manuel Rodriguez ne recommande pas pour autant le recours systématique à ces pichets. «Si vous vivez dans une municipalité qui dispose d’un bon système de traitement de l’eau, les normes sont probablement respectées et il n’est pas nécessaire de faire subir des traitements supplémentaires à l’eau, estime le chercheur. Par contre, si je vivais dans une municipalité où il y a régulièrement des avis de faire bouillir l’eau ou si je savais que l’eau contient des concentrations élevées de AHA, j’envisagerais le recours aux manipulations maison de l’eau.»

En 2001, le Québec a adopté des normes pour les THM auxquelles les municipalités doivent se plier d’ici juin 2008. Les AHA ne sont pas encore réglementés, mais il est prévu qu’ils le soient d’ici quelques années.

* (Source: Centre de recherche en aménagement et développement - CRAD)

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