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Prix de l'essence: quand Jos Bleau dit non, c'est non!

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Article mis en ligne le 3 novembre 2006 à 10:35
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Prix de l'essence: quand Jos Bleau dit non, c'est non!
Une nouvelle tentative pour relever le prix de l'essence à la pompe a échoué la semaine dernière au grand dam des géants de l'industrie. Cette fois, ni le gouvernement provincial, ni le fédéral, pas plus qu'un quelconque office de commercialisation n'ont eu à intervenir. C'est le consommateur lui-même qui a dit non!
Le fait est passé inaperçu ou presque. Néanmoins, il s'inscrit comme une victoire notable de l'automobiliste moyen contre les magnats du pétrole qui ont pris la fâcheuse habitude de piger à qui mieux mieux dans notre portefeuille pour engraisser le leur. Le plus insultant, c'est qu'ils commettent leurs larcins sous l'œil complice de nos gouvernements censés protéger le bien public et leurs commettants. Bien entendu, ceux-ci voient leurs ristournes croître à chaque hausse du prix du litre d'essence; ça aide à comprendre...
Réaction inusitée
En début de semaine dernière, dans la région immédiate de Québec, une pétrolière jugeant que le public avait été assez gâté depuis quelques semaines avec un tarif de base autour de 0,85 $ le litre, ordonne à ses préposés de faire grimper la facture de plus de 0,05 $ le litre. Quelques compétiteurs suivent le mouvement sur le champ. D'autres, prudents, ont estimé la remontée trop abrupte, prématurée ou sans raison véritable et ont choisi de maintenir le prix affiché. Cette décision leur aura été fort profitable.
Dans une réaction sans précédent, les automobilistes, encouragés par quelques animateurs radiophoniques qui ont le privilège de pouvoir réagir instantanément à un événement et d'avoir accès immédiatement au public, se sont précipités aux stations d'essence qui avaient décidé de maintenir leur prix, fuyant du coup les pétrolières trop gourmandes. Le mot d'ordre était passé: gardons nos argents pour encourager les pompistes plus proches des intérêts de leurs clients. Du coup la hausse appréhendée a été stoppée et les grands discours qui font appel à la situation internationale, l'instabilité politique au Proche et au Moyen-Orient, de même que dans les pays d'Amérique du Sud sont restés creux.
Nouvelle attaque appréhendée
Momentanément, la manœuvre a porté ses fruits. Hélas, il faut prévoir que nos fournisseurs reviendront à la charge un jour. Il faut craindre que cette nouvelle tentative sera plus unanime, concertée de la part de l'ensemble des grandes pétrolières. La stratégie des consommateurs hier sera probablement annihilée demain. Il faudra faire preuve d'imagination.
Parce que notre style de vie nous amène régulièrement à la pompe et qu'il nous est très difficile de nous priver d'or noir, certains plaident en faveur du boycott d'une seule pétrolière de manière à faire exemple. C'est une idée qui se défend. D'autres, plus subtils, remarquent que la marge bénéficiaire du détaillant est tellement faible qu'il vend son essence avec comme seul objectif d'inciter le client à se procurer d'autres biens beaucoup plus profitable dans son établissement: journaux, lotos, bières, cigarettes, croustilles, etc. Aussi, suggèrent-ils de continuer à faire le plein chez notre détaillant habituel mais de cesser tout autre achat dans ces commerces de type dépanneur ou super-station. Privés de revenus substantiels, les pétrolières derrières ces commerces devront revoir la tarification de leur produit «hameçon», l'essence.

Au fond, les stratégies de défense des consommateurs face à ces géants internationaux restent timides. À preuve, depuis des années ils jouent impunément avec nos budgets familiaux au vu et au su des élus qui se contentent de répéter les bobards insignifiants que les magnats du pétrole émettent de par le monde pour justifier leur appétit vorace. Cette fois-ci, par un curieux alignement des planètes, la stratégie a fonctionné. Preuve qu'il est possible de remporter des batailles; sûrement pas la guerre. Mais, une suite de petites victoires comme celle de Québec la semaine dernière pourrait être susceptible d'imposer un plus grand respect des consommateurs chez les dirigeants de ces multinationales de l'énergie pétrolière.

En tout cas, çà donne le goût de recommencer...

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