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Un instant SVP à propos de l'économie et de l'immigration

Article mis en ligne le 20 octobre 2006 à 14:35
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Un instant SVP à propos de l'économie et de l'immigration
Il semble qu’une certaine élite de Québec ait du mal à vivre avec les bonnes nouvelles pour peu qu’on puisse en recevoir, de temps à autre, sans tomber dans l’aveuglement volontaire. Nous pensons devoir intervenir à ce stade-ci des débats pour revenir sur deux points: l’état de l’économie régionale et l’immigration.

En premier lieu, le Canadian Business magazine publiait, il y a une dizaine de jours, une étude très intéressante sur les conditions de pratique des affaires dans différentes villes canadiennes. Cette étude succédait, il faut le signaler, à d’autres études publiées régulièrement entre autres par le Conference board du Canada et KPMG (étude annuelle Choix concurrentiels). Le magasine Canadian business confirmait, au fond, ce que l’on savait depuis quelques mois, à savoir que les régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches vont très bien sur le plan économique et possèdent plusieurs avantages concurrentiels dont nous aurions avantage, par ailleurs, à mieux nous servir pour attirer plus d’entreprises.

KPMG classait Québec parmi les villes en Amérique où il est le plus intéressant de faire des affaires, tenant compte d’un ensemble de variables allant des avantages fiscaux à la qualité de vie pour les employés ainsi que les coûts d’opération. Canadian Business est allé de sa propre étude, cette fois à l’échelle canadienne. Nous sommes premiers. Grand bien nous fasse, nous avons passé les vingt-quatre heures suivantes à nous déclarer satisfaits de cette situation. Malheureusement, les rabat-joie de tout acabit se sont manifestés encore une fois pour tenter de miner le climat de confiance qui émerge à Québec, climat de confiance collective qui a trop souvent manqué dans cette belle région.

Il ne faut pas pour autant nous gargariser de ces résultats en oubliant le reste. Nous nous devons d’aller au-delà de ces résultats et prendre en considération tout le travail qui reste à faire. Mais tout de même… Est-il possible qu’à certaines reprises nous puissions nous réjouir de la reconnaissance extérieure et indépendante de la bonne performance économique de notre région sans continuellement retomber dans les ornières qui ont tant nuit par le passé au développement de la région.

De grâce, cessons l’auto-flagellation, reconnaissons à l’occasion les progrès réalisés et servons-nous de cette base pour construire la confiance collective qui nous permettra de mettre en place une vraie culture de l’entrepreneurship qui remplacera la culture de la préservation des droits acquis.

Évidemment que d’autres défis nous attendent. Il est clair que la pénurie de main d’œuvre qui pointe à l’horizon constitue un défi de taille. Le cas de Calgary doit nous enseigner ce qui risque d’arriver si nous n’agissons pas maintenant. Mais, au moins, soyons fiers de nos succès!

Quant au dossier de l’immigration, nous pensons qu’il est urgent de mettre fin aux débordements verbaux qui marquent continuellement l’actualité lorsque cette question en fait l’objet. Nous estimons que Québec est une région ouverte sur le monde, beaucoup plus qu’une certaine élite veut nous le faire croire et qu’il est temps que l’on cesse de culpabiliser la population et les gens d’affaires face aux résultats décevants de l’immigration dans la région depuis quelques décennies.

De toute évidence, certains groupes font de la récupération politique de cette question et oublient de mettre certains bémols à leur propos au risque de nuire à la réputation de Québec à travers le monde. Certains semblent oublier aussi que l’immigration a eu ces histoires à succès à Québec et qu’il y a des gens d’affaires immigrants très bien intégrés qui ont réussi. Servons-nous collectivement de leur expérience pour découvrir les ingrédients appropriés qui permettront à Québec de promouvoir ses attraits auprès des immigrants potentiels. Trop peu d’intervenants questionnent les infrastructures d’accueil et d’intégration des immigrants à Québec.

Pour en accueillir davantage, encore faudrait-il que nous ayons les outils pour y parvenir. Ce n’est pas le cas ou du moins certainement pas suffisamment. C’est à Québec que l’on trouve la meilleure cuisine asiatique en Amérique et ce sont aussi des immigrants qui figurent parmi les meilleurs restaurateurs de Québec. Xénophobe, la région de Québec? Pas du tout. C’est à long terme qu’il faut voir l’immigration et pas uniquement sous un angle d’affaires. Cessons de faire de la surenchère avec l’immigration et sortons de l’ombre ceux qui ont réussi à Québec.
André Di Vita, président du c.a. de la Chambre de commerce des entrepreneurs de Québec

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