Selon la conseillère du district des Faubourgs, Chantal Gilbert, récupérer les pierres de la façade Saint-Vincent-de-Paul serait une entreprise périlleuse. Les pierres ont tendance à s'effriter et deux pierres sur trois seraient pourries, a informé Mme Gilbert au dernier conseil municipal de la Ville de Québec. (Photo Véronique Demers)
Guérette revient à la charge sur la façade Saint-Vincent-de-Paul
Le dossier entourant le développement du site de la façade Saint-Vincent-de-Paul sur la côte d’Abraham continue de soulever les passions. La conseillère indépendante du district Vieux-Québec/Montcalm, Anne Guérette, a vertement critiqué le maire Labeaume sur la pertinence du projet d’hôtel Boréal qui devrait voir le jour.
«Le maire a lancé trois projets d’écoquartiers : La Cité verte, d’Estimauville et la Pointe-aux-Lièvres. Avec cette volonté bien affirmée de faire de Québec un développement durable, sur quoi se base le maire pour dire que c’est un projet emballant? On enlève un morceau de terrain sur lequel on va construire un méga hôtel avec du stationnement!», a lancé Mme Guérette, lors du dernier conseil municipal de la Ville de Québec.
«Le projet est certifié LEED et respecte un certain nombre de critères. Pour le stationnement de sept étages, c’est un choix que le promoteur a fait. Ça fait 20 ans que le terrain est là, c’est de la pollution visuelle. Ce n’est pas du développement durable que de laisser le terrain dans cet état-là. Je rappelle à la conseillère que ce terrain ne lui appartient pas», a tranché le maire de Québec, Régis Labeaume.
«Acheter des terrains, ça se fait encore. Je n’ai jamais parlé de logements sociaux, mais d’une mixité d’usage, soit commercial, résidentiel, public qui s’intègre bien au quartier», se défend la conseillère du Vieux-Québec/Montcalm.
Dans une lettre diffusée le 31 décembre dernier sur le site web du @RiSoleil@$p, la conseillère Anne Guérette exprime «qu’il serait sage de conserver et de protéger ce qui reste de la façade du bâtiment original, si ce n’est parce qu’elle a le mérite d’exister, de nous parler de notre histoire bâti et religieux.»
En réaction à Mme Guérette, la conseillère du district des Faubourgs, Chantal Gilbert, prévient qu’aucune firme d’ingénieur accepterait de signer un projet autour de la façade. «Dès qu’on commence à excaver autour, c’est beaucoup trop dangereux. Il a été prouvé aussi que deux pierres sur trois sont pourries», note-t-elle.
Muni du permis de démolition de la façade Saint-Vincent-de-Paul, le promoteur a un an pour mettre à terre la façade. L’étape suivante - le permis de construction - n’est toujours pas franchie. La Commission d’urbanisme de la Ville de Québec, ayant l’autorité de donner le feu vert dans ce projet, ne s’est pas encore prononcée.
Silence
Le promoteur du projet sur le site de l’ancienne église Saint-Vincent-de-Paul, Jacques Robitaille, demeure encore dans le silence. Même la conseillère Chantal Gilbert n’a pas réussi à le sortir de son mutisme.
«J’ai déployé beaucoup d’efforts auprès du promoteur, mais il n’est pas intéressé à venir, parce qu’il croit qu’il se fera lapidé sur la place publique. (...) Oui, j’ai déjà dit que j’aurais aimé l’expropriation du promoteur de ce terrain, mais j’ai changé d’idée. La ville ne peut non plus exproprier le promoteur d’un terrain pour faire affaire avec un autre promoteur», a-t-elle conclu.