Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a tenté de se faire rassurant lors du point de presse quotidien ce matin alors que deux nouveaux décès s’ajoutent au bilan provincial. (Photo Isabelle Chabot)
H1N1: le pire scénario peut-être évité
Prudent, mais satisfait, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, affirme que la campagne de vaccination va bien. Sans minimiser la situation, les autorités de la santé ont affirmé qu’ils ne s’attendent pas à faire face au pire scénario envisagé plus tôt cet automne.
«On ne note pas une hausse de la virulence du virus. Si la tendance se maintient, on pourrait s’en sortir mieux, ça semble plus léger», a déclaré le ministre Bolduc lors du point de presse quotidien tenu aujourd’hui. Près d’un million de personnes ont été vaccinées depuis le début de la campagne.
Malgré ces résultats, une hausse de cas est observée au Québec comptant 398 nouvelles hospitalisations liées à la grippe A (H1N1) depuis les sept derniers jours. Près de 580 personnes infectées ont été admises et gardées au sein d‘un établissement de santé depuis le 31 août, date à laquelle la deuxième vague est apparue. La Capitale-Nationale recense pour sa part 16 cas hospitalisés sur son territoire et 60 % d’entre eux ont moins de 20 ans. La Santé publique a aussi confirmé que le virus a fait jusqu’à maintenant sept victimes, la plupart concentrées dans les régions de Montréal, l’Outaouais, la Montérégie et Les Laurentides. La majorité des personnes décédées avaient des problèmes de santé sous-jacents.
«Il ne faut pas paniquer. La situation est sous contrôle. Les séquences sont respectées», assure Yves Bolduc. Malgré certaines anomalies, l’arrivée des coupons, cette semaine, a facilité et diminué le temps d’attente dans les cliniques de vaccination. Les autorités administrent le vaccin au plus grand nombre de Québécois à risque et pourraient redéfinir les séquences de vaccination si les statistiques descriptives de la grippe A (H1N1) varient. Le nombre de doses disponibles cette semaine diminuera à l’échelle de la province. Le volume moindre a forcé l’Agence de la Santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale à prioriser les jeunes malades chroniques de 5 à 24 ans, les personnes immunosupprimées et les femmes enceintes. Par ailleurs, une bonne nouvelle est tombée hier pour les futures mamans. Les femmes enceintes auront accès aux vaccins sans adjuvant dès aujourd’hui à Québec. «D’ici Noël, les autorités de la santé auront assez de vaccins pour toute la population», a réitéré le directeur de la protection de la santé, Dr Horacio Arruda.
Le coût de l’opération en cours est estimé à 200 millions $. «Le prix n’a pas d’importance. On ne regarde pas la facture. L’important, c’est que tout soit mis en place pour soigner les Québécois», a affirmé M. Bolduc.
Le gouvernement critiqué par les retraités
L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) dénonce les ratés de la campagne de vaccination. Les passe-droits, la pénurie, l’absence de coordination et la communication chaotique créent, selon l’AQRP, de l’inquiétude en regard aux capacités de l’État à mener à bien cette opération. Dans un communiqué, le regroupement réclame un plan structuré pour assurer, dans les délais, l’immunisation des personnes à mobilité réduite.