«On souhaite tous qu’ils parcourent le monde quelques années, mais qu’éventuellement, ils reviennent», a déclaré Régis Labeaume au sujet des jeunes qui partent étudier à l’extérieur de Québec.
De jeunes bilingues lèvent le nez sur Québec
Le College St.Lawrence, le seul établissement d’enseignement de niveau collégial anglophone à l’est de Sherbrooke, jouit d’une fréquentation qui n’a de cesse d’augmenter, particulièrement chez la population francophone, qui constitue maintenant environ 80% de la clientèle estudiantine. Des jeunes qui veulent s’ouvrir sur le monde, explorer d’autres contrées. Bien beau, mais encore faut-il que ces belles têtes reviennent bosser à Québec.
Certains de ces finissants croient qu’il n’y a rien pour eux à Québec. Ce n’est toutefois pas l’avis des entreprises d’ici.
Un sondage effectué parmi les élèves du programme d’administration des affaires PW Sims Business, du cégep St.Lawrence, démontre que la majorité des élèves croient que la situation de l’emploi est meilleure dans les grands centres canadiens qu’à Québec. Paradoxal, quand on sait que la capitale québécoise affiche un des meilleurs taux de chômage au pays, à plus ou moins 4%. À titre d’exemple, 62% des élèves interrogés croient que la situation de l’emploi est meilleure à Toronto. La Ville Reine a pourtant un taux de chômage deux fois plus élevé que Québec. Pis encore, seulement 3% d’entre eux croient que Québec offre de meilleures opportunités que Toronto.
Seulement 54% des élèves participant au sondage ont dit vouloir poursuivre leur carrière à Québec. Plusieurs reviendront donc après des études dans les universités anglophones, souvent Concordia ou McGill, à Montréal.
Du côté des employeurs, le sondage a été fait par la Chambre de commerce de Québec auprès de 133 membres. Parmi eux, 60% avancent que leur nombre d’employés parlant anglais est insuffisant. De plus, 74% des entreprises sont persuadées que le nombre de personnes bilingues ne suffira pas à la demande dans la région.
Ainsi, il faut déboulonner les mythes qui veulent que Québec ne soit pas une ville propice à l’employabilité des personnes bilingues ou du moins, n’offre pas de plus-value à ces travailleurs pour leurs compétences linguistiques.
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a d’ailleurs livré, dans un discours devant les jeunes du collège St.Lawrence, sa vision de Québec, dans laquelle le couple de professionnels polyglottes est primordial. Celui-ci est venu encourager les élèves à continuer d’apprendre l’anglais, lui qui dit avoir appris «sur le tas», en commençant avec «le rock n’roll». Au sujet des élèves, «on souhaite tous qu’ils parcourent le monde quelques années, mais qu’éventuellement, ils reviennent».